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Mardi, 02 septembre 2014

Sainte Foy et l'histoire de Conques

Sainte Foy est une enfant née de parents sans doute païens, dans la bonne société gallo-romaine d’Agen, au IIIe siècle. Elevée par sa nourrice chrétienne, elle se donna au Christ et refusa de sacrifier aux idoles, probablement lors de la persécution de Dioclétien, en 303. Après avoir vainement essayé de la brûler vive, on la décapita. Commence alors une très longue histoire, celle de son culte. Chaque année, les chrétiens d’Agen se rendaient à son tombeau, pour l’anniversaire de son martyre, le 6 octobre. Quand vinrent les foules, l’évêque d’Agen Dulcidius bâtit une basilique sur son tombeau, au VIème siècle, et les reliques de la jeune martyre devinrent le vrai trésor d’Agen.

Au IXème siècle, un moine de l’abbaye de Conques déroba les reliques pour les soustraire aux saccages des Normands et les apporter en Rouergue. Ce qui fit la fortune de son monastère qui devint un lieu de pèlerinage fréquenté ! La petite sainte opéra de nombreux prodiges appelés badinages car ils réjouissaient et faisaient sourire les auditeurs. Un ouvrage de Bernard d’Angers, le Livre des miracles de sainte Foy, en augmenta encore la réputation. Tout au long du moyen-âge, sainte Foy intercéda pour guérir les aveugles, les boiteux, et  délivrer heureusement les femmes enceintes ; elle s’occupa avec bonté des prisonniers, innocents ou coupables, obtenant la libération de leurs chaines pour ceux qui l’invoquaient avec ferveur.

Lors des guerres de religion, on cacha les reliques précieusement qui ressortirent progressivemvignette_invention_reliques_ste_Foy_1875ent. Un coffret reliquaire en cuir de Cordoue orné d’émaux du XIIème siècle, emmuré dans l’abbatiale (cliquez sur la vignette à droite), fut retrouvé lors des travaux de restauration du chœur en 1875, deux ans après l’arrivée de la communauté des Prémontrés de Frigolet. Ceux-ci avaient été appelés par  l’évêque de Rodez, Mgr Bourret, qui leur confia en 1873 la résurrection de l’abbaye et du sanctuaire. Les chrétiens reprirent le chemin de Sainte-Foy de Conques.

La belle abbatiale demeure aujourd’hui un lieu de passage obligé des pèlerins sur le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle. A la demande de Frigolet, une communauté de frères de Mondaye a pris le relais depuis 1992, accueillant les nombreux pèlerins, desservant les paroisses de Conques et alentour, et célébrant chaque jour l’office divin dans l’abbatiale romane, aux pierres colorées, éclairées par les vitraux de Pierre Soulages.

La petite sainte Foy, dont les reliques sont contenues dans la célèbre majesté d’or et de pierreries d’époque carolingienne, attire toujours les fidèles, particulièrement lors de sa solennité en octobre et accompagne le chemin intérieur des priants. Quelques images des célébrations de 2011 : reportage photo.

Pour aller plus loin : une conférence de frère Dominique-Marie...

 

 

Dates clé dans l'histoire de Conques

Le martyre de sainte Foy.

En latin, Fides signigfie la foi. Foy était une jeune chrétienne d’Agen d’environ douze ans. Elle fut victime de la persécution de Dioclétien. Son témoignage de courage, pour un si jeune âge, lui vaudra bientôt une admiration universelle.

L’ermite Dadon se retire à Conques, dans les montagnes du Rouergue, au sud de l’Auvergne. Un monastère s’organise, sous la règle de saint Benoît. Bientôt s’élève une église dédiée au Saint-Sauveur.

Une date cruciale pour Conques : les reliques de sainte Foy sont portées d’Agen à Conques : un "rapt" – une translation furtive - ou une mise à l’abri des raids vikings dans la vallée de la Garonne ? Dès la fin du siècle suivant, toute la chrétienté raconte les miracles accomplis par la jeune sainte sur les lieux du sanctuaire de Conques, le pèlerinage prend son essor. Bernard d’Angers écrit, au début du XIe siècle, un "Liber miraculorum sanctae Fidis".

 

Un nouveau sanctuaire est en construction (l’actuelle église romane), et Conques est devenu une étape majeure vers Saint-Jacques de Compostelle (route du Puy).

Vers 1060 : composition de la "Chanson de sainte Foy", première grande geste en langue d’Oc. A la fin du XIe siècle (abbatiat de Bégon III), Conques connaît son apogée. Toute l’Occident est désormais semé d’églises "Sainte-Foy". Le trésor s’enrichit de plusieurs reliquaires.

L'abbatiat de Boniface : construction de la façade et du célèbre tympan du Jugement dernier.

Sécularisation de l’abbaye bénédictine : les moines sont remplacés par un chapitre de chanoines réguliers.

Les protestants s’emparent de Conques, l’abbaye est pillée, l’église en partie incendiée.

 

La Révolution a supprimé le chapitre de chanoines. Le "trésor", caché chez l’habitant, échappe à la destruction.

Mérimée découvre la richesse exceptionnelle du site et de l’abbaye, et fait commencer la restauration de l’abbatiale.

Inventaire du trésor et du musée de Conques.

Les religieux prémontrés, chassés en 1905, reviennent en 1920.

Les prémontrés de Mondaye s’installent à Conques. Plusieurs frères y mènent la vie commune, assurent la prière de l’office divin et le service paroissial, et donnent leur temps à l’accueil des pèlerins, de plus en plus nombreux sur la route de Saint-Jacques de Compostelle. La communauté pratique l’hospitalité, dans le centre d’accueil de l’abbaye, un accueil ouvert toute l'année à tous les chercheurs de Dieu désireux de faire une "halte" spirituelle dans ce haut lieu.

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