L’abbaye est restée, durant tout le Moyen Age, une maison modeste. Après la prospérité relative du XIIIè siècle, le monastère partagea l’insécurité des Normands pendant la Guerre de Cent ans et fut certainement concernée par les pillages des Anglais ou de leurs alliés Navarrais dans le Bessin.

La paix revenue ne dura pas fort longtemps, puisque le XVIè siècle, où l’Europe se déchira en deux, amena à l’abbaye son cortège de troubles et de ruines : en 1562, les protestants se soulèvent en Normandie et prennent Rouen et Caen. A Bayeux, la Cathédrale est mise à sac et l’abbatiale de Mondaye probablement pillée. Les religieux s’enfuient et se cachent quelques temps. L’abbé de Mondaye, Julien Guichard, est sauvagement assassiné dans l’église voisine de Lingèvres.

Grâce aux libéralités de la famille de Suresnes, dès 1570, l’abbaye était remise en état et restaurée au mieux. Comme dans toute la France classique, Mondaye connaît alors une période d’épanouissement spirituel. Dans la Normandie mystique des Olier et des Renty, l’abbatiat de François du Bouillonney (1587-1631) fait merveille. Sous cet abbé saint et avisé, la discipline régulière et la prospérité économique de la maison sont remarquables. C’est alors que l’institution royale de la "commende" fait à Mondaye ses mauvaises oeuvres : nommé par le roi, un abbé (qui ne vit pas au monastère !) perçoit deux-tiers des revenus de l’abbaye. Le nouvel abbé, Claude Leclerc du Tremblay, est âgé de 14 ans, et "possèdera" Mondaye jusqu’en 1704, soit un abbatiat commendataire de 71 ans !

Pendant ce temps, Mondaye est gouvernée par le prieur claustral, qui veille à la ferveur et à la régularité de la vie conventuelle. Il semble bien que Mondaye resta une maison sage et disciplinée pendant tout le XVIIè siècle. En 1634, les religieux demandèrent l’agrégation à la branche réformée de l’Ordre, née en Lorraine sous l’impulsion de l’abbé Servais de Lairuelz. La réforme de Lorraine, ou de l’"antique rigueur" - semblable à celle opérée par Rancé pour Cîteaux à la Trappe - tentait de ramener les Prémontrés à l’observance primitive du XIIè siècle.

En 1705, Mondaye retrouva un abbé régulier, en la personne de Philippe Lhermite et allait connaître alors son époque la plus brillante avec la reconstruction de son église abbatiale et de ses bâtiments conventuels, sous la conduite du père Eustache Restout, qui fit office à la fois de prieur de peintre et d’architecte.

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