Les premiers abbés du XVIIIè siècle veillèrent donc au travaux de construction de la nouvelle abbaye. A la mort du troisième, le Père Louis Reusse, en 1763, l’abbaye retourna, jusqu’à la fin du siècle, sous le régime de la commende, gouvernée par des prieurs claustraux.

Vint la Révolution, ruineuse pour la vie religieuse en France. Elle chassa les habitants de Mondaye en 1791 : les sept frères qui vivaient alors à l’Abbaye, sous la conduite du prieur Lucas Goujon, descendirent les pentes de la colline de Dieu. La République s’occupait pour eux de liberté et de fraternité. La ferme attenante à l’Abbaye fut vendue, le monastère vide fut un temps un collège (1802-1812), puis le refuge de religieuses trappistines, conduites par Madame de Chateaubriand (1815-1845).

Quelques années passèrent encore et voici qu’à l’initiative d’un prêtre diocésain de Bayeux, la vie prémontrée recommença à Mondaye : en 1858, un essaim de religieux belges venus de Grimbergen (près de Bruxelles) y restaura la vie norbertine, sous la conduite du Père Joseph Willekens. La petite communauté belge fut vite rejointe par des Français, et la louange de Dieu refleurit sur la colline. Dans l’époque de cette restauration, les personnalités ne manquèrent pas. La plus marquante, peut être, fut celle du Père Godefroid Madelaine (1842-1932), longtemps prieur de Mondaye, historien de son abbaye et de saint Norbert, qui fut élu en 1899 abbé de Saint-Michel de Frigolet - l’autre maison de l’Ordre établie en France au siècle dernier. Les temps étaient rudes cependant.

L’abbatiat du Père Willekens dura jusqu’en 1908, mais ces cinquante premières années de la refondation furent dramatiques. A peine les religieux commençaient-ils à prospérer - ils avaient notamment continué à l’identique la construction du monastère, édifiant les ailes Nord et Sud - que les lois républicaines les expulsèrent une première fois en 1880. Rentrés discrètement en 1894, ils durent, en 1903, s’exiler en Belgique - cette fois pour de bon, et dans l’idée qu’ils ne reviendraient pas.  Avec ses meubles (sa belle bibliothèque, en particulier), la communauté s’installa à Bois-Seigneur-Isaac, un ancien monastère de chanoines réguliers, à deux pas de Waterloo ! Elle y fut notamment gouvernée par le Père Joseph de Panthou. Le Père Exupère Auvray (élu abbé en 1915) ramena enfin les frères à Mondaye en 1921.

Depuis trois quarts de siècle, maintenant, Mondaye vit stablement en Normandie : des jeunes viennent régulièrement ajouter à celle des anciens l’ardeur de leur prière et la joie d’annoncer l’Évangile. La colline est toujours un Mont-Dieu, huit cents ans après la mort de l’ermite Turstin. Huit cents ans seulement ! Car pour Dieu, mille ans sont comme un jour, dit le psaume.

Pour aller plus loin : lire la conférence de frère Dominique Marie, lors de la célébration du cent-cinquantenaire de l'abbaye

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