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Mer. 20 Sep, 2017

Denis Bonnefoy - Frigolet (F - Bouches-du-Rhône) (Tous les jours)

Né à Aubenas (Ardèche) le 14 mars 1853, Denis Bonnefoy a laissé à Saint-Michel de Frigolet un souvenir particulièrement vivant. Les circonstances qui entourèrent son trop bref abbatiat, sa mort, tout comme sa profonde spiritualité ont notablement contribué à la pérennité de sa mémoire. A sa tante qui lui demandait, un peu avant sa première communion, s’il ne voulait pas être prêtre, il fit cette réponse significative : Oui, mais je ne veux pas être prêtre de ceux qui ont des fauteuils, je veux être comme le curé d’Ars.

Par l’intermédiaire de l’abbé Boulian, curé de Septèmes au diocèse d’Aix, Denis fut recommandé au Père Edmond Boulbon qui avait restauré les Prémontrés à Frigolet en 1858. Il fut admis le 6 juin 1865, à l’âge de douze ans. Vers la fin du noviciat, épuisé par les pénitences qu’il s’imposait, il dut aller se reposer à Saint-Antoine, près de Marseille. Le 8 septembre 1870, il fit profession. Au témoignage de ses contemporains, « Il avait cette persuasion intime que tout ce qu’il y avait de plus pénible, de plus répugnant dans les travaux et les corvées de la maison devait lui être dévolu de droit, et avec quel zèle il s’en acquittait ! ». Il aimait particulièrement l’office divin, qui nourrissait sa vie spirituelle, et s’adonnait sans relâche au service du bien commun, au prix de multiples privations.

Une fois diacre, il hésita un moment, par sentiment d’indignité, à recevoir l’ordination sacerdotale, et sa conscience délicate le conduisit à demander au Père Boulbon de surseoir. Il reçut l’ordination le 23 décembre 1876 des mains de Mgr Bourret, évêque de Rodez. Ce dernier le prit en estime et le chargea, en 1890, de guider les pèlerins de son diocèse en Terre Sainte. Entre-temps, en 1880, les Expulsions eurent un certain retentissement sur la vie régulière, mais ce sont, surtout, les réticences de Rome à accepter les Constitutions de la Primitive Observance de Prémontré qui affectèrent le Père Denis. Le 3 décembre 1892, il fut envoyé auprès des Norbertines de Bonlieu (Drôme) où il retrouva une vie toute d’austérité et de ferveur qui fit sa joie. Délégué de l’œuvre de la Messe Réparatrice au Congrès Eucharistique de Jérusalem, en 1893, il fut choisi à son retour, le 21 avril, par le nouvel archevêque d’Aix, Mgr Gouthe-Soulard, devenu visiteur apostolique de la Congrégation des Prémontrés de France, pour exercer la redoutable charge de pro-visiteur et supérieur de la congrégation.

« Depuis lors, dit la chronique du monastère, il s’est consacré tout entier à l’abbaye, se montrant non pas un maître, mais la mère de ses sujets, mère les nourrissant du triple pain de la parole, de l’exemple et de la prière. Sa bonté pour nous était sans bornes ; aussi lui gagna-t-elle dès les premiers instants tous les cœurs. Nous l’aimions parce qu’il était bon pour nous ».

Le Père Denis Bonnefoy aimait passionnément l’ordre auquel il appartenait. Si attaché à la Primitive Observance, il travailla de toute son âme à l’union de sa congrégation avec l’ordre de Prémontré, lorsque cette union voulue par Léon XIII lui apparut comme la meilleure des solutions. C’est ainsi qu’il participa au chapitre général tenu à l’abbaye autrichienne de Schlägl en 1896. Il notait dans son Journal : Il vient un moment où l’on n’en peut plus. La pauvre nature n’est pas infinie dans sa puissance d’action ! Mais le sacrifice n’est pas si difficile quand on y apporte de la bonne volonté. Les demi-mesures ne me conviennent pas et ne peuvent pas me relever.

Nommé par Rome abbé de Frigolet, le 21 mars 1899, il reçut la bénédiction abbatiale le 23 mai suivant. Il écrivait alors : Ma charge est un calvaire où j’ai grand besoin des forces divines pour marcher sans défaillance. Le pauvre crucifié se recommande à vos prières. Ce dont j’ai surtout besoin et que vous voulez bien m’octroyer libéralement et fraternellement, c’est une bonne provision de prières. Car comme je le sens plus fort que jamais, le titre n’enlève aucune des épines, il enfonce un peu plus les clous. Malade, il écrivait le 31 août : Bonne sœur, depuis huit jours, la fièvre me fait jouir de la croix qui sauve. Fiat ! Priez et faites prier pour moi.

Au prieur qui lui demandait, les derniers temps : Aimez-vous bien le bon Dieu ? ­– Toto corde, répond-il. Et la sainte Vierge ? La réponse fuse : Servus Mariae non peribit. Le Père Denis mourut le 20 septembre 1899. Sur son tombeau, dans le cimetière commun, on grava cette épitaphe : « Ici repose frère Denis, abbé de cette église, qui au temps de la colère a été la réconciliation, qui a fait revivre sa maison par la foi et la charité et, après avoir uni ses frères sous la houlette d’un même pasteur, s’est offert en victime et a livré sa vie pour eux.

Pierre Languevin - Selincourt (F - Somme) (Tous les jours)

Religieux de l’abbaye de Sélincourt, Pierre Languevin fut d’abord curé de Caulières. L’abbé général Pierre Gosset le nomma prieur de Sélincourt, qui était alors en commende. Le nouveau prieur restaura immédiatement la vie commune de cette maison. Prédicateur réputé, il passait parfois toute la journée à recevoir des pénitents en confession. Il avait une dévotion particulière pour l’eucharistie, qu’il manifestait spectaculairement lorsqu’il célébrait la messe. Filialement dévoué à la Vierge, il nommait son ange gardien son amant. Il échappa à la mort lorsqu’un escalier s’effondra sous son poids. En action de grâce pour Marie, il construisit une chapelle où il priait chaque jour. Il embrassait l’image de Marie chaque fois qu’il entrait ou qu’il sortait de sa cellule. Il s’imposait un jeûne de plusieurs jours avant chaque célébration de l’Assomption. Par de dures pénitences et le port du cilice, il mortifiait son corps. Il écrivit un livre sur les mystères et les grâces de la Vierge Marie. Il mourut en odeur de sainteté le 20 septembre 1620, à l’âge de 63 ans.

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