Concert des Rameaux | Par l'ensemble "Le Vivier des Voix"

Date: Dim. 9 Avr, 2017 18:00

2017 04 09 Vivier des Voix

 

         Une petite Passion selon St Matthieu, cela a des allures iconoclastes ! Mais avec la fidélité à des instruments baroques, en rapetassant autrement ce que Bach lui-même a taillé, recousu, emprunté à des œuvres, voire des sources diverses, l'adaptant en fonction des circonstances et des effectifs, comme tout bon maître de chapelle d'alors, sans avoir une conception figée du chef d'œuvre. On peut légitimement écouter la Passion selon St Matthieu autrement. D'autant plus que l'œuvre est plus rarement donnée que sa petite sœur, la St Jean, précisément en raison de ses effectifs monumentaux. Notre Petite Passion se réduit aux airs et à quelques morceaux choraux ne nécessitant ni le double chœur ni le double orchestre de la version complète. On perd en monumentalité, on gagne en poésie, l'attention se concentrant sur la méditation intime exprimée le plus souvent par une voix soliste, entrecoupée de quelques monuments en pleine masse. Reste le problème de la narration. Pour assurer la continuité de l'histoire racontée et donner sens à la musique, nous avons délibérément supprimé tous les récitatifs de l'Evangéliste et tenté le mélange entre le texte allemand chanté et des textes dits en français.

         Il y a deux manières d'écouter la musique : la consommation ou l'intelligence, entendre ou comprendre. Nous avons été tellement habitués à écouter de l'italien, de l'allemand, du latin sans y rien comprendre immédiatement, que l'on ne fait pas très attention aux intentions qui ont nécessairement présidé à la composition d'un opéra, d'un oratorio, ou d'une messe. Notre désaffection vis-à-vis de la religion et de la culture de la Bible arrive même à nous donner une vague sensation d'exotisme quand on fait une fois l'effort de se demander ce que veulent dire les paroles qui ont pourtant été si familières à tant de générations. La Passion selon St Matthieu peut s'écouter comme un long flux sonore ponctué des égosillements d'un évangéliste qui gesticule quelque part. Nul doute que Bach ne l'a pas conçue ainsi et que, serions-nous allemands, nous serions touchés voire dérangés par autre chose. En ce début de Semaine Sainte, la simple paraphrase en français des textes très piétistes du livret de Picander mis en musique par Bach nous plongera bon gré mal gré dans la Passion du Christ, incontournable spectacle de sang et d'esprit. Qu'on nous en excuse, Bach le veut.

         De même que notre effectif de chambre et la sélection de dix airs ou récitatifs, huit chorals et deux chœurs sur les 68 numéros que compte l'intégralité de l'œuvre donnera une version plus légère et saillante de ce monument, de même les textes en français, tantôt évangiles, tantôt paraphrase du livret, tantôt libre commentaire, donneront d'écouter et de comprendre la Passion selon St Matthieu d'une manière à la fois fidèle et neuve.

flûte baroque : Aline Montfort - violon 1 : Isabelle Perez - violon 2 : Patricia Dao

alto : Hortense Fourrier - violoncelle : Agnès Ricordeau

viole de gambe : Nina Rouyer) - orgue : Catherine Gouillard

choeur : (Elise Marie), Jacqueline Leroux, Louis-Marie Nivault, Sylvain Leroux

soprano : Sophie Pérot - alto : Sophie Beaude - ténor : Lancelot Lamotte

basse et direction : Nicolas Perot

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