Notre père saint Augustin est né à Thagaste, en Afrique du Nord, le 13 novembre 354. Son père Patricius était un modeste citoyen, membre du conseil municipal, qui se convertit sur le tard à la foi catholique. Sa mère, Monique, était une femme chrétienne et pieuse. Il avait un frère et une sœur, qui, devenue veuve, se consacra au Seigneur dans le monastère des femmes.

Dès l’enfance, on perçut chez Augustin une intelligence hors du commun. L’enfant était passionné par la littérature latine. Sa mère lui donna une éducation chrétienne, mais il ne reçut pas alors le baptême. Jeune garçon, il cédait volontiers à ses penchants, et fut un adolescents aux mœurs légères. Protégé par un riche patricien de Thagaste, il put continuer en 371 ses études à Carthage, la capitale du pays. Il y contracta une liaison, qui devait durer quatorze années, avec une jeune carthaginoise, dont il eut, l’année suivante, un fils, prénommé Adéodat. Augustin cherchait à plaire, et ambitionnait honneurs et richesses. La lecture de l’Hortensius de Cicéron produisit en lui un réel changement d’attitude intérieure : il commença de mettre le spirituel au dessus du matérialisme, et se mit en quête de la sagesse. Mais où la trouver ? L’Ecriture sainte ne lui apporta guère de réponse : la lecture qu’il en fit alors s’attachait à la lettre, et son esprit rationaliste et ami du beau langage n’y rencontra qu’une vaste déception.

Il tomba dès lors dans les filets de la puissante secte manichéenne, où il restera presque dix ans, jusqu’à l’âge de 28 ans. Après avoir achevé sa formation, il retourna enseigner à Thagaste, mais deux ans après, s’en fut à Carthage ouvrir une école de rhétorique. Entre temps, sa mère Monique pleurait et priait pour la conversion de son fils.

Ses relations avec les manichéens de Carthage étaient devenues difficiles, à moins qu’ils ne les aient utilisées pour cela, mais il partit pour Rome, sans avertir sa mère. A nouveau déçu, il se rendit, en 384 à Milan, près du pouvoir impérial. Il y donna des cours de philosophie, et se mit à fréquenter les sermons de l’évêque Ambroise, dont il admira l’éloquence. Monique arriva l’année suivante à Milan. Augustin avait abandonné la foi parce qu’il la considérait comme un obstacle dans la recherche de la vérité, et voici que peu à peu, il retrouvait les sentiments de son enfance comme la seule voie vers la vérité.

Un ami lui donna à lire la vie de l’ermite Antoine écrite par Athanase. Ce fut un choc. Des illettrés ravissent le Ciel, disait Augustin, et moi, avec toutes les doctrines, je ne réussis pas à me détacher de mes passions. Pleurant dans le jardin, il entendit chanter un enfant « Tolle, lege ». Il entra dans la maison, ouvrit les lettres de saint Paul. C’était la page de l’exhortation à la chasteté (Rom. 13, 13-14). Ce fut le coup de grâce. Il mit fin à ses cours de philosophie et rompit sa liaison. On était en 386. Augustin se retira avec ses amis à Cassiciacum et se prépara au baptême. Saint Ambroise le baptisa le 24 avril 387 – il avait 33 ans – en même temps qu’Alypius et que son propre fils, Adéodat, âgé de 15 ans.

Ils se mirent en route vers l’Afrique. Monique mourut à Ostie, et Augustin resta une année encore à Rome, où il s’intéressa surtout à la vie monastique. De retour à Thagaste, il vécut en communauté avec ses amis. Trop consulté par ses concitoyens, il se transporta à Hippone pour y continuer la vie communautaire. Le vieil évêque Valerius l’y supplia de se laisser ordonner prêtre, et fit de lui, en 396, son coadjuteur. Augustin, devenu évêque, se donna totalement au service de ses ouailles. Il prêchait la parole alacriter et fortiter (joyeusement et courageusement). Il fut, à Hippone et partout en Afrique, le propagateur de la vie monastique, à l’exemple des premiers chrétiens de Jérusalem. Il composa pour eux une Règle pleine de sagesse, de modération et de bonté. Ces courtes prescriptions expriment l’âme et l’idéal d’Augustin. Il réunit ses clercs autour de son église cathédrale et ils y vécurent ensemble sans propriété personnelle, en prière, tous imprégnés de culture classique et chrétienne.

Augustin fut l’incomparable ami : bon, généreux, humble, expansif et candide. Il voulait que ses clercs eussent un cœur et une âme en Dieu, dans la vérité. Cet amour de la vérité était lié, chez lui, à la nécessité de l’amitié. Toute son activité pastorale jaillit de cette même source.

La vie en commun, selon saint Augustin, est fondée sur l’absolue pauvreté personnelle. Tout en commun et distribuer à chacun selon ses besoins. Strict et même sévère pour le premier de ces préceptes, il était compréhensif quant à l’application du second. La vie au monastère est « douce » dans l’ascétisme extérieur et « ferme » - voire inexorable – dans l’ascétisme intérieur. Les clercs devaient être des hommes de prière, de contemplation, dont le seul désir les portait vers Dieu. Pour cela, Augustin veilla avec une prudence surnaturelle sur la vertu de chasteté. Le commerce mutuel était imprégné de charité. Il interdisait nettement les ragots et les commérages dans la conversation. Il insistait pour que le travail manuel allât de pair avec la contemplation : tous devaient être au service de l’Eglise. Il ne voulait pas que les clercs donnent la préférence à l’otium sur les besoins de l’Eglise et sur l’exigence de la pastorale des âmes.

Animé de cet amour de la Vérité, il s’opposa de toutes les forces de son intelligence à ce qui était cause de séparation. Il réfuta l’hérésie des donatistes et des pélagiens, et essaya de faire rentrer ces brebis égarées dans le bercail de l’Eglise. Augustin était obéissant, fidèle à la Tradition et ne prétendait nullement avoir une doctrine à lui. Il était le Pasteur de l’Eglise. Je ne croirais pas à l’Evangile, disait-il, si l’autorité de l’Eglise ne me soutenait pas. Saint Augustin fut aussi le docteur de la Grâce : Tout mon mérite est un don gratuit de Dieu.

En 426, il avait élu et sacré un successeur, Sévère. Les temps étaient tristes. On avait appelé les Vandales en Espagne et voici qu’on ne pouvait plus les arrêter. Augustin, l’homme de la Paix, ne réussit pas à enrayer la guerre. Pendant trois mois, les Vandales firent le siège d’Hippone. Durant ce siège, Augustin tomba malade, et la fièvre le terrassa. Il mourut en lisant les psaumes de la pénitence, le 28 août 430, âgé de 76 ans.

Quand les Musulmans envahirent l’Afrique du nord, vers la fin du VIIème siècle, on transféra les reliques d’Augustin en Sardaigne. Plus tard, la Sardaigne fut prise à son tour par les Musulmans, et l’on transporta alors les reliques à Pavie, en 725, où elles reposent dans la basilique de San Pietro in Cielo d’Oro.

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