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reliquaire goudjiSainte Foy est une enfant née de parents sans doute païens, dans la bonne société gallo-romaine d’Agen, au IIIe siècle. Elevée par sa nourrice chrétienne, elle se donna au Christ et refusa de sacrifier aux idoles, probablement lors de la persécution de Dioclétien, en 303. Après avoir vainement essayé de la brûler vive, on la décapita. Commence alors une très longue histoire, celle de son culte. Chaque année, les chrétiens d’Agen se rendaient à son tombeau, pour l’anniversaire de son martyre, le 6 octobre. Quand vinrent les foules, l’évêque d’Agen Dulcidius bâtit une basilique sur son tombeau, au VIème siècle, et les reliques de la jeune martyre devinrent le vrai trésor d’Agen.

Au IXème siècle, un moine de l’abbaye de Conques déroba les reliques pour les soustraire aux saccages des Normands et les apporter en Rouergue. Ce qui fit la fortune de son monastère qui devint un lieu de pèlerinage fréquenté ! La petite sainte opéra de nombreux prodiges appelés badinages car ils réjouissaient et faisaient sourire les auditeurs. Un ouvrage de Bernard d’Angers, le Livre des miracles de sainte Foy, en augmenta encore la réputation. Tout au long du moyen-âge, sainte Foy intercéda pour guérir les aveugles, les boiteux, et  délivrer heureusement les femmes enceintes ; elle s’occupa avec bonté des prisonniers, innocents ou coupables, obtenant la libération de leurs chaines pour ceux qui l’invoquaient avec ferveur.

Lors des guerres de religion, on cacha les reliques précieusement qui ressortirent progressivemvignette_invention_reliques_ste_Foy_1875ent. Un coffret reliquaire en cuir de Cordoue orné d’émaux du XIIème siècle, emmuré dans l’abbatiale (cliquez sur la vignette à droite), fut retrouvé lors des travaux de restauration du chœur en 1875, deux ans après l’arrivée de la communauté des Prémontrés de Frigolet. Ceux-ci avaient été appelés par  l’évêque de Rodez, Mgr Bourret, qui leur confia en 1873 la résurrection de l’abbaye et du sanctuaire. Les chrétiens reprirent le chemin de Sainte-Foy de Conques.

La belle abbatiale demeure aujourd’hui un lieu de passage obligé des pèlerins sur le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle. A la demande de Frigolet, une communauté de frères de Mondaye a pris le relais depuis 1992, accueillant les nombreux pèlerins, desservant les paroisses de Conques et alentour, et célébrant chaque jour l’office divin dans l’abbatiale romane, aux pierres colorées, éclairées par les vitraux de Pierre Soulages.

La petite sainte Foy, dont les reliques sont contenues dans la célèbre majesté d’or et de pierreries d’époque carolingienne, attire toujours les fidèles, particulièrement lors de sa solennité en octobre et accompagne le chemin intérieur des priants. Quelques images des célébrations de 2011 : reportage photo.ste foy et Goudji

En 2015, la communauté des Prémontrés de Conques a fait appel à l’orfèvre Goudji pour créer un reliquaire contemporain qui « habite » le sanctuaire en mémoire de sainte Foy et des martyrscroix de Goudji d’aujourd’hui. Le reliquaire, suspendu entre les colonnes de l’abside, est accessible aux pèlerins par le déambulatoire, comme autrefois la statue de la Majesté de sainte Foy. Surmonté de la colombe évoquant l’Esprit Saint, il contient une relique du corps de sainte Foy. Il a été béni le 12 octobre 2014, au cours de la messe de la fête de sainte Foy. 

Une croix reliquaire représentant le Christ-Prêtre lui est associée depuis la Pentecôte 2015.

 

Pour aller plus loin : une conférence de frère Dominique-Marie...