Nombreux sont les visiteurs de l'abbaye, ou les paroissiens, qui s'extasient devant la beauté de la cour de la ferme. Souvent, au détour d'une promenade, une question fuse vers les frères, pour leur demander comment ils trouvent le temps d'entretenir pareil jardin. Rendons à César ce qui lui appartient, et reconnaissons-le : la beauté de ce jardin n'est pas à imputer au travail des frères, même si certains ont la main (très) verte. Partons à l'exploration du potager, et de ceux qui y travaillent, pour le découvrir.


En déambulant dans la cour de la ferme, on peut croiser des radis de diverses variétés, des haricots, des tournesols, des fruits, des légumes, des senteurs, et des couleurs. Où qu'ils se posent, nos yeux sont happés par la beauté de la Création, et invitent à la prière, qu'on pourra poursuivre dans l'abbatiale, légèrement située en contrehaut. Venez vous promener aux horaires de travail d'un jour ouvrable, et vous verrez des jardiniers s'affairer un peu partout, qui désherbent les plate-bandes, arrosent les plantations, font des boutures, ramassent les récoltes, ou plantent, à toutes saisons. Ce magnifique jardin, c'est le leur, et c'est à leur travail que nous le devons.

 

Le jardin de Mondaye, qui se développe depuis janvier 2013, est une activité de l'AAJB (Association des Amis de S. Jean Bosco), basée près de Caen. Il a pour mission d'aider à la réinsertion de personnes que la vie n'a pas épargnées, et qui sont bénéficiaires du RSA. À ceux qui ont perdu pied dans le monde, une aide globale est proposée dans l'atelier de l'AAJB à Mondaye. En effet, pour permettre à ces personnes une réinsertion plus facile dans la société, le jardin offre de reprendre confiance en soi, de retrouver l'habitude de se plier à des horaires de travail et de travailler en équipe. Elles apprennent aussi à cuisiner, pour retrouver un mode de vie plus sain, et repartent chez elles avec de bons produits, qui sont le résultat de leur lent et patient travail. Ainsi, le jardin, dont nos sens s'émerveillent, est pour ces personnes en difficulté, un support donnant une seconde chance, et une main tendue pour bénéficier de jours plus heureux.

 

Le jardin accueille au total une vingtaine de personnes, qui s'engagent pour vingt-quatre mois. Sous la responsabilité de Dominique, qui encadre l'atelier et dirige le jardin, elles reprennent pied et retrouvent une autonomie. Chaque jour, une navette passe au domicile des personnes accueillies pour les conduire jusqu'à l'abbaye, où elles travaillent toute la matinée et déjeunent ensemble, dans un esprit d'équipe que soude le travail en commun. L'après-midi est également passé en extérieur, à embellir les plate-bandes et à bichonner les plantations. Depuis quelques temps, un herbier est installé, qui permet de cultiver des espèces florales en grande quantité, échangées avec d'autres structures similaires, dans une perspective de développement. En outre, le surplus des récoltes est confié aux Restos du cœur et à des structures hébergeant des demandeurs d'asile.

 

À écouter Dominique, on constate aisément que les projets ne manquent pas : « au cours de l'automne, nous poursuivrons le développement du jardin. L'idée est de planter un verger le long du mur qui sépare l'allée montant à l'église de la cour de la ferme. Nous allons aussi approfondir des partenariats déjà existants, avec les Jardins du cœur, par exemple, avec qui nous avons échangé 2000 oeillets d'Inde. Enfin, l'atelier bois, qui nous occupe principalement l'hiver, et qui consiste à recycler des palettes, va trouver une nouvelle activité, pour aider des enfants handicapés de la région ». À la fin de l'entretien, Dominique, qui travaille ici depuis le début du jardin, précise que la règle des vingt-quatre mois semble difficile pour beaucoup : certains reviennent au jardin, avec une pointe de nostalgie, et disent savoir ce qu'ils lui doivent. « Mais d'autres ne veulent même pas partir à la fin de leur contrat », précise-t-il.

 

 

Telle est l'activité de ce jardin qui retient l'attention de votre regard à chacune de vos venues à Mondaye : s'il met en valeur notre patrimoine, il est avant tout un soutien au patrimoine humain, qu'il consolide. Au final, le jardin est un projet au service de l'homme, surtout du plus fragile. 

 

Inscription à la newsletter

Rechercher

Nos coordonnées

Abbaye Saint-Martin de Mondaye
14250 Juaye-Mondaye
Tél. 33 (0)2.31.92.58.11
Fax 33 (0)2.31.92.08.05
Nous écrire par email
logoabbayesnormandes logonormandiequalitetourisme