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Tous les ans, le deuxième dimanche de mai a lieu la « Journée de l’orgue », une journée durant laquelle, les tribunes s’ouvrent et les organistes laissent les amateurs s’approcher de cet instrument si mystérieux et majestueux. À l’abbaye, nous avons l’habitude de nous y joindre avec notre bel orgue historique de Claude Parizot. Nous en profitons souvent pour présenter une œuvre en alternant l’orgue et le chœur des frères.

Même si nous sommes empêchés de tenir cette manifestation, nous n’allons tout de même renoncer à la belle musique ! C’est pourquoi nous vous présentons une « mini Journée de l’orgue » en version confinée. L’œuvre choisie est le Te Deum de Louis Marchand. Avant de vous proposer cet enregistrement, quelque petits commentaires. Cet enregistrement a été effectué dans les conditions du direct et « avec les moyens du bord ».

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Louis Marchand 

Louis MarchandLouis Marchand est né le 2 février 1669 à Lyon dans une famille d’organistes et manifesta très tôt de grands talents musicaux. Organiste titulaire de la cathédrale de Nevers à 15 ans, quelque temps après titulaire à la cathédrale d’Auxerre, il se retrouve à Paris à 20 ans, où il multiplie les postes d’organistes : les Jésuites de la Rue Saint Jacques, Saint-Benoît, Saint-Jacques, avant de prendre la succession de Guillaume-Gabriel Nivers à la Chapelle Royale en 1706. Toutefois, son mauvais caractère et sa vie libertine le poussent à abandonner ce poste en 1713. Par la suite, il voyage en Allemagne où ses talents d’interprète et d’improvisateur au clavecin font l’admiration des allemands. Une histoire est restée connue : En 1717, il devait affronter Jean-Sébastien Bach en duel musical. Mais ayant entendu le maître allemand s’exercer au clavecin, il aurait tellement été impressionné qu’il aurait préféré prendre la fuite sans demander son reste. Cette histoire amusante n’est pourtant pas attestée historiquement parlant. Vers la fin de sa vie, Marchand rentra à Paris où il reprit son poste à l’église des Franciscains. Il retrouva son public et ses élèves, parmi lesquels Pierre du Mage et Louis-Claude Daquin, pour ne citer que les plus connus. Il s’éteignit à Paris le 17 février 1732.

Parmi ses œuvres, on compte des airs français et italiens, des cantiques spirituels, trois recueils de pièces de clavecin (dont un ne fut découvert qu’en 2003) ainsi qu’un recueil de pièces d’orgue. On sait par ailleurs, que certaines de ses œuvres circulaient de son vivant dans d’autres pays d’Europe. S’il reste dans l’ombre de son grand rival François Couperin, c’est peut-être à tort…

Le Te Deum de Louis Marchand

Le Te Deum est une hymne chantée à la fin des Vigiles des dimanches (hormis le Carême), des fêtes et solennités. Comme pour toutes les œuvres de l’ère classique de l’orgue français, l’orgue n’accompagne pas la schola mais joue en alternance. Que ce soit une messe, un magnificat ou une hymne, la schola chante la partie réservée au soliste tandis que l’orgue « chante » à la place de l’assemblée. Le compositeur peut parfois inclure la mélodie grégorienne, ce que Marchand fait dans quelques rares mouvements. La plupart du temps, dans ce genre d’œuvre, le compositeur se contente de faire des variations dans la tonalité en question. Pour ce faire, il use à volonté de toutes les possibilités sonores de l’instrument. Le Te Deum de Marchand comportant 15 mouvements pour l’orgue, il vous permettra d’écouter l’orgue de l’abbatiale de Mondaye sous de nombreuses facettes – même s’il y en a encore bien d’autres à découvrir !

Source : Article sur Louis Marchand, dans, Die Musik in Geschichte und Gegenwart.

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