toulorge1Un jeune religieux dans la tourmente révolutionnaire

Pierre-Adrien Toulorge est né sous Louis XV, en 1757, dans une modeste famille chrétienne – laboureurs de père en fils – à Muneville-le-Bingard (actuel canton de Saint-Sauveur-Lendelin). Ayant probablement senti l’appel au sacerdoce tout jeune, il est collégien puis séminariste à Coutances, et reçoit l’ordination sacerdotale en 1782. Lorsque le jeune prêtre est nommé vicaire à Doville – une minuscule paroisse près Neufmesnil – il ne sait pas que Dieu a commencé à tisser les fils de sa brève et magnifique histoire. La cure de Doville dépend de l’abbaye des chanoines prémontrés de Blanchelande, toute proche. Son curé, le P. François Le Canut, est donc un religieux, vêtu de blanc. Insensiblement, le cœur de Pierre-Adrien est gagné par le désir de rejoindre la communauté de Blanchelande, où la vie canoniale – faite de liturgie chorale, de fraternité et d’apostolat – lui paraît si enviable. Il franchit le pas en 1787 pour recevoir l’habit blanc. Le nouveau frère Pierre-Adrien est d’abord envoyé faire son noviciat à l’abbaye de Beauport, avec d’autres jeunes confrères, puis revient dans son abbaye, où il prononce ses vœux, à l’été 1788. Ni le nouveau chanoine – ni personne alors – ne peut penser que dans tout juste un an, le monde va basculer !

La Révolution de 1789, en même temps qu’elle sonne le glas de la monarchie, provoque la fermeture de tous les monastères du royaume : la Constituante décrète la nationalisation des biens de l’Eglise. En 1790, une « constitution civile du clergé » prévoit que l’État assurera le traitement des évêques et curés, élus par la population, devenant fonctionnaires, obligés à prêter un serment de fidélité à la nation. Quant aux religieux, réputés inutiles, ils sont expulsés de leurs maisons, vendues comme bien national, et reçoivent en échange une pension de l’État. Le jeune frère Pierre-Adrien, chassé de Blanchelande, trouve refuge chez des amis à Neufmesnil, désemparé, inquiet.

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