Frère Gildas vous propose des pistes pour prier avec les lectures du troisième dimanche de Carême.

« …Ces Galiléens étaient-ils de plus grands pécheurs ?... » Luc 13, 2

Dans l’évangile de ce 3e Dimanche du Carême, nous voyons les disciples s’inquiéter de la signification du récent massacre de Galiléens par Pilate, le Procurateur Romain.

Jésus ne donne pas une explication spirituelle à l’énigme du mal dans le monde. Et combien de fois entendons-nous : « Si Dieu existait, cela ne devrait pas arriver ».

Jésus ne donne pas d’explication mais invite à la conversion et cela, de toute urgence.

De fait, c’est dans les moments de grandes épreuves ou de grandes détresses qu’il est nécessaire de pouvoir s’appuyer sur « une épaule solide », de se relier pour ne pas rester seul avec soi-même et se retrouver démuni face à notre fragilité.

Combien nous avons pu admirer ces Haïtiens si douloureusement blessés dans leur chair, dans leur cœur et qui se retrouvaient dans la Foi pour se relier à leur Seigneur, l’implorer, le « louer », et cela pour s’ouvrir à l’espérance, à un devenir possible qu’il faut construire. Ils puisaient là le courage dont ils ont et dont ils auront besoin.

 

Se relier à la Source de la Vie

Ne pas se relier à Dieu dans la Foi et par la Foi, c’est ignorer et se couper de la source de la vie, car Il est la source de toute vie ; se relier à Lui, c’est se relier à la Vie, cette Vie qui ne peut pas être rongée par le temps. C’est pourquoi le Christ ose dire : « … Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez de la même manière », et ici « périr » se prend dans une autre dimension, une dimension d’éternité.

 

« Pécheur, reviens à ton cœur » Confessions, IV, 12

Se convertir, c’est changer de direction en découvrant et en vivant le chemin d’intériorité. Ce qui se passe sur le plan physique peut nous aider à comprendre ce qui peut se passer sur le plan spirituel. La respiration de notre corps se fait en deux mouvements : une inspiration et une expiration. Si nous faisions un seul de ces deux mouvements, nous expirions purement et simplement.

Eh bien, trop souvent e, notre vie profonde, nous ne faisons qu’un seul mouvement, nous nous projetons constamment vers l’extérieur. Nous avons du mal à faire « retour à notre cœur » comme dit Saint Augustin.

Vivre la conversion, c’est intérioriser et découvrir en notre cœur une Présence, la présence de Celui qui nous donne d’être. Ce fut la prière de Saint Augustin :  « Seigneur, comment Te demander de venir en moi, moi qui n’existerais pas si Tu n’étais pas là » (Confessions I, 2). Et quand il fera la relecture de sa conversion, il parlera de Dieu comme Celui qui est la Beauté : « Tard je t’ai aimée, Beauté si ancienne et si nouvelle, tard je T’ai aimée. C’est que Tu étais au-dedans de moi et moi j’étais en dehors de moi. Et c’est là (en dehors de moi) que je Te cherchais ; ma laideur se jetait sur tout ce Tu as fait de beau ? Tu étais avec moi et moi je n’étais pas avec Toi. Ce qui loin de Toi me retenait, c’étaient ces choses (du monde) qui n’existeraient pas si elles ne venaient de Toi » (Conf. X, 27).

 

« Jacob dit : « En vérité Yahvé est en ce lieu et je ne le savais pas » Genèse, 28,17

« Faire retour au cœur », se relier de nouveau, c’est découvrir que c’est là, au centre de nous-mêmes, que le Seigneur nous attend et patiente comme « le vigneron » de l’évangile.

Maître Eckhart, un mystique Rhénan du 16e siècle disait : «Il est écrit dans le Livre des Vertus (l’Apocalypse) que notre Seigneur fit au peuple cette invitation : ‘Je suis debout devant la porte à frapper et attendre. Celui qui me laissera entrer, c’est avec lui que je prendrai mon dîner ! Tu n’as pas besoin de le chercher ici ou là. Il n’est pas plus loin que devant la porte. Il est là, debout, Il guette, Il attend celui qu’il trouvera prêt à lui ouvrir et le laisser entrer… Tu n’as pas besoin de L’appeler au loin ; Il attendra volontiers que tu Lui ouvres la porte ‘ (Sermon 103).

 

Un « Buisson ardent Intérieur… »

Mais je suis persuadé qu’Il nous appellera à un moment ou un autre, il nous appellera par notre nom comme, du milieu du buisson ardent, Il appelait Moïse : « Moïse ! Moïse ! ».

D’ailleurs sa présence au cœur de notre cœur ne prend-elle pas parfois « forme de feu qui sort d’un buisson » ? Comme Il a délivré son peuple de l’esclavage de l’Egypte pour le conduire au désert et là qu’il se relie au seul et vrai Dieu, il nous appelle pour que nous nous relions à Lui et que entreprenions avec Lui un chemin de Délivrance qui nous ouvre sur la Vie.

Nous chantons parfois en nos Offices à l’Abbaye :

« Dans le silence et dans la paix, viens rencontrer le Dieu vivant.

Dans le secret de ton cœur brûle l’Esprit, laisse-toi saisir par Lui ».

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