Frère Gildas vous propose des pistes pour prier avec les lectures du quatrième dimanche de Carême.

 

« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs… »

L’évangéliste Luc commence le chapitre 16 par la critique que faisaient les pharisiens et scribes sur l’attitude de Jésus : « Cet homme-là fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux » v.2. Les trois paraboles qui suivent sont comme une réponse à cette critique.

La parabole du fils prodigue est une sérieuse mise en cause des pharisiens et scribes qui sont incapables de s’ouvrir à l’immense miséricorde de Dieu alors qu’ils sont invités à entrer dans la joie de Dieu à la condition d’avoir le cœur aussi large que le sien dans l’accueil des pécheurs qui reviennent à Lui.

A l’attitude du frère aîné de la parabole qui les représente, Jésus oppose celle du Père qui est tout à la joie de découvrir que la faute de son cadet n’a été qu’un chemin éprouvant lui permettant d’accéder à une vie nouvelle.

 

« Dieu est AMOUR » 1 Jean 4, 8.

Nous avons là en cette parabole la plus belle image que le Christ nous a confiée pour évoquer la glorieuse et vraie beauté de son Père. Nous n’aurons jamais fini de creuser toute la richesse d’amour qu’évoque ce visage du Père… un Père qui a été profondément blessé, meurtri par le départ de son fils, en sachant que loin de lui, il va se perdre… Et voilà que cet amour blessé est devenu avec force un immense amour d’attente, de désir ; en vérité, c’est Lui, notre Père des cieux, c’est Lui qui guette, qui attend, qui désire le retour de l’homme, sa créature bien-aimée.

 

Contempler le Christ…

Regardons le Christ qui nous offre cette si belle parabole. Jésus vit toujours la parole qu’il dit et là, Jésus nous dit sa mission de salut ; c’est ce que nous pouvons découvrir en en faisant la lecture symbolique car, ainsi que dans toutes les autres paraboles, il y a là une réalité cachée.

 

L’homme est perdu loin de Dieu

Le Père, c’est le Créateur, le plus jeune fils, c’est l’homme qui, dans les origines partageait les biens du Créateur et vivait dans l’amitié et la familiarité avec Lui. Mais l’homme a voulu s’approprier tout et tout de suite, ne dépendre que de lui-même, en s’appropriant l’héritage, piégé par le tentateur, fasciné par la parole funeste : « Vous serez comme des dieux » Gen. 3, 5. Après la chute, leurs yeux s’ouvrent mais sur leur nudité, ils sont nus, dépouillés. Ils ont tout perdu, les voici dans un pays lointain, ils abandonné le Père ; l’homme laissé à lui-même n’écoute que lui-même et ne peut que mener une vie de désordre car l’amour du Père ne dirige plus le cœur de l’homme. Il est livré à la convoitise qui submerge sa raison, son intelligence, sa volonté. « … Et quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans le pays » Lc, 16, 14. Une suite logique que l’on peut constater aujourd’hui dans les pays minés par la corruption.

 

« Et le Verbe fut chair » St Jean 1,14

« Comme il (l’homme) avait perdu ton amitié en se détournant de Toi, Tu ne l’as pas abandonné au pouvoir de la mort. Dans ta miséricorde tu es venu en aide à tous les hommes pour qu’ils Te cherchent et puissent Te trouer… Tu as tellement aimé le monde que Tu nous as envoyé ton propre Fils lorsque les temps furent accomplis pour qu’il soit notre sauveur » (Prière Eucharistique. N° 4). Et c’est là « l’invention » géniale de l’amour : pour venir chercher et sauver une humanité perdue, le Fils de Dieu s’est fait homme, participant, membre de cette humanité perdue. « Ce qui était impossible à la loi car la chair la vouait à l’impuissance, Dieu l’a fait : en envoyant son propre fils dans la condition de chair de notre péché… » Rm. 8,3. Nous touchons là le réalisme prodigieux de l’Incarnation : le Fils est venu chercher et sauver l’humanité perdue en partageant la condition de cette humanité perdue.

 

« Voici mon serviteur que je soutiens… » Isaïe, 49, 1.

Mais comment a-t-il sauvé ce qui était perdu ? « Rentrant en lui-même, il se dit : combien d’ouvriers de mon père ont du pain de reste, tandis que moi ici je meurs de faim ! Je vais aller vers mon Père et je lui dirai : « Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils. Traite-moi comme de tes ouvriers » VV. 17-20.

Le Christ ira vers Jean-Baptiste comme tous les pécheurs qui venait recevoir le baptême de pénitence et là : « les cieux se déchirent, l’Esprit comme une colombe descend sur lui et des cieux vint une voix :’Celui-ci est mon Fils bien-aimé’ » Mc.1, 10-11. St Paul dira : « C’est l’Esprit lui-même qui  atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Enfants et donc héritiers : héritiers de Dieu » Rm.8, 16. Jésus rentre en lui-même… enfant, héritier, des mots qui évoquent l’enfant prodigue… l’image du Père qu’il vit dans le plus grand amour le conduit à prendre la route mais il prendra la route non pas avec les honneurs, la gloire de fils et d’héritier ; il prendra la route comme Serviteur ( « … traite-moi comme l’un de tes ouvriers… ») Car il prendre sur lui toute l’humanité, tout ce qui écrase les hommes, leurs fautes, leurs crimes, leurs blessures… « Ce sont nos souffrances qu’il portait et nos blessures dont il était chargé… » Isaïe 53,4. Et il entreprend la longue route de retour vers le Père.

 

« … Il était mort et il est revenu à la vie… » Luc.16, 24.

Le bout de la route, c’est le moment du plus grand amour et le moment de la rencontre avec le Père : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit » Lc.23, 46, et les bras de la Croix deviennent les bras du Père qui reçoit son Fils et le couvre de baisers. Alors c’est le cri de joie amoureuse et émerveillée du Père :

« Mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé ! »

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