Les Cendres ou l'entrée en Carême

Il y a moins d’un an, nous tenions en main les rameaux verts que qu’une nature généreuse nous avait offerte, ils étaient craquants de sève, manifestant ainsi les premiers signes du printemps. Aujourd’hui, mercredi des cendres, ils ne sont plus qu’une poussière résiduelle d’un feu généreux pendant lequel les derniers craquements ont donnés de vives flammes et de la chaleur.

Aujourd’hui, voilà que ces rameaux verts vont passer de nos mains à notre front en une cendre grisâtre. Quel symbole magnifique pour montrer la fragilité, la dimension éphémère de toute vie ? Souvenez-vous du psaume 103,29 : « Tu retires leur souffle, ils expirent à leur poussière, ils retournent, tu envoies ton souffle ils sont créés, tu renouvelles la face de la terre »[1]

Bien rares sont les êtres créés qui échappent à un tel sort, sinon la Vierge Marie en son Assomption, le prophète Elie enlevé sur son « char de feu » : « Or, comme ils marchaient en conversant, voici qu’un char de feu et des chevaux de feu se mirent entre eux deux, et Elie monta au ciel dans le tourbillon. »[2]


Le symbole des cendres dans l’Ancien Testament

C’est le symbole du néant de l’homme devant l’absolue transcendance qui s’est révélée à Moïse dans un buisson flambant sans se consumer : « l’ange du Seigneur lui apparu, dans une flamme de feu, du milieu du buisson. Moïse regarda : le buisson était embrasé, mais le buisson ne se consumait pas »[3].

C’est Abraham qui confesse que : « je suis bien hardi de parler à mon Seigneur, moi qui ne suis que poussière et cendres »[4]

Les habitants de Ninive eux-mêmes se revêtir de sacs et de cendres sur l’ordre de Jonas : « la nouvelle parvint jusqu’au roi de Ninive, il se leva de son trône, quitta son manteau, se couvrit d’un sac et s’assit sur la cendre. »[5] L’intention ici poursuivit était d’avouer sa dépendance totale envers Dieu et pour attirer sa miséricorde.

L’imposition des cendres sur le front est une bénédiction. Non pas tant destinée à nous humilier, à nous détruire, mais bien plus à nous faire prendre conscience de la juste valeur des réalités. Cette imposition et la recommandation qui va avec « convertissez-vous et croyez à l’évangile » ont pour vocation de dessiller notre regard, notre œil intérieur capable de regarder et de s’ouvrir au monde, à Dieu et aux hommes. Avec un tel regard, il n’est pas possible de rester derrière les apparences sans pour autant regarder le monde avec ses vanités, qui ne sont que d’apparentes séductions d’un monde « de poussières » « un grand nombre de ceux qui dorment au pays de la poussière s’éveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour l’opprobre, pour l’horreur éternelle ».[6]

« Qui donc était semblable à l’immense cité ? Et jetant la poussière sur leur tête ils s’écriaient, pleurant et gémissant : Hélas, Hélas, Immense cité dont la vie luxueuse enrichissant tous les patrons des navires de mer, car une heure a suffi pour consommer sa ruine. »[7]

On pourrait à bon droit en recevant les cendres, chanter ou prier : « mon âme est collée à la poussière, vivifie moi selon ta parole »[8]

Les cendres comme le symbole de la précarité de la vie. Il s’agit bien d’une liturgie pénitentielle, mais aussi une liturgie tournée vers l’espérance (célébrée en violet) : « à la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu’à ce que tu retournes au sol car c’est de lui que tu as été pris. Oui tu es poussière et à la poussière, tu retourneras »[9] Souvenons-nous aussi que la cendre était utilisée aussi pour faire la lessive, comme un savon, pour venir enlever une tâche, blanchir.

Observons comment cette cendre peut être d’un réconfort admirable dans notre combat spirituel :

« Alors que l'Avent nous est naturellement aimable avec la douceur de ses préparatifs, d'où vient que dès l'abord les Cendres nous rebutent ? De ce que nous ne les prenons pas dans le bon sens, le sens qui nous ferait envisager le Carême comme un autre Avent. Car les Cendres sont moins une fin qu'un commencement, une semence ; elles sont moins l'enterrement de nos plaisirs que le terreau de la joie. »

« Les Cendres : résidus de notre usine ordinaire et de toutes nos combustions malsaines, trace laissée par notre vie usagée. Et c'est de cela, oui, de "ça" précisément que l'Église en sa médecine éprouvée confectionne un vaccin ; c'est notre propre grisaille qu'elle nous applique, qu'elle nous inocule aujourd'hui pour nous guérir de la grisaille de notre vie, pour nous guérir de notre vie même, de ce qu'il advient de notre vie lorsqu'elle est laissée à son propre usage. »[10]


Autre usage des cendres dans la liturgie ou para liturgie

Vertu ascétique :

Dans les monastères, on retrouve un usage ancien qui consistait à déposer un frère ou une sœur mourant sur un cilice lui-même couvert de cendres (renforcement du caractère ascétique) cela était un usage qui s’est pratiqué pendant de longues années.  «Il ne convient pas au chrétien de mourir autrement que sur la cendre » dixit saint Martin de Tours au moment de son agonie. On peut trouver cette coutume vraiment dure, mais elle a aussi une vertu très symbolique.

Vertu purificatrice :

Autre vertu pour les cendres dans un rituel par essence peu courant : le rituel de la dédicace d’une église. Les cendres dans le rituel de la dédicace n’ont pas de vertu ascétique. La dimension ascétique apparaît quand le rituel affecte directement la personne. Il s’agit bien plus ici de la vertu purificatrice.

Ainsi le jour de la dédicace d’une église, on parle d’une prise de possession de l’édifice par le Christ qui s’accomplit par le signe de la croix. Avant d’entrer l’évêque, avec l’extrémité de son bâton pastoral, trace une croix sur la porte. A peine entré le chœur chante les litanies et trois fois, aux invocations finales, l’évêque trace le signe de la croix sur l’édifice disant :          « Cette église et cet autel consacrés à ton honneur et au nom de saint N..., daigne la bénir ; daigne la bénir et la sanctifier ; daigne la bénir, la sanctifier, la consacrer »[11]. Tout l’édifice est signé du nom même du Christ par le rite mystérieux de l’alphabet. D’un angle à l’autre de l’église sur un lit de cendres (les cendres provenant de la combustion du bois des charpentes ayant servi à la construction de l’édifice) mêlées de sable et  préparé à l’avance. L’évêque avec son bâton pastoral trace l’alphabet grec, puis suivant une ligne qui coupe la précédente pour former un X, trace l’alphabet latin. Le nom grec du Christ commence par un X ; le Christ est l’Alpha et l’Oméga. Le rite de l’alphabet tracé en forme de X appose visiblement le cachet du Christ sur l’église.

La purification continue et prend un caractère encore plus solennel. L’évêque prépare et bénit une eau, appelée « eau grégorienne » ou « eau lustrale », mêlée de sel, de cendres et de vin et prononce une belle prière. Avec cette eau, il trace cinq croix sur l’autel, au milieu et aux quatre angles puis sept fois il fait le tour de l’autel en l’aspergeant.


Comment donner du sens à la réception des cendres ? Comment arriver disposé à une célébration et en repartir tout gonflé ?

Si vous allez chercher un peu dans le catéchisme de l’Eglise catholique, vous trouverez particulièrement deux paragraphes 1430/1431 dans lesquels finalement c’est la notion de pénitence intérieure qui est mise en valeur :

§ 1430 Comme déjà chez les prophètes, l’appel de Jésus à la conversion et à la pénitence ne vise pas d’abord les œuvres extérieures, « le sac et la cendre », les jeunes et les mortifications, mais la conversion du cœur, la pénitence intérieure. Sans elle, les œuvres de pénitence restent stériles et mensongères ; par contre, la conversion intérieure pousse à l’expression de cette attitude en des signes visibles, des gestes et des œuvres de pénitence.

§ 1431 La pénitence intérieure est une réorientation radicale de toute la vie, un retour, une conversion vers Dieu de tout notre cœur, une cessation du péché, une aversion pour le mal, avec une répugnance envers les mauvaises actions que nous avons commises. En même temps, elle comporte le désir et la résolution de changer de vie avec l’espérance de la miséricorde divine et la confiance en l’aide de sa grâce. Cette conversion du cœur est accompagnée d’une douleur et d’une tristesse salutaire que les Pères ont appelées anima cruciatis (affliction de l’esprit), compunctio cordis (repentir du cœur)


Finalement pourquoi toute cette affaire, où se trouve l’origine de cette célébration, sinon dans l’idée de se préparer au carême, comme une nécessité

La nécessité d’une préparation aux fêtes pascales est apparue comme une évidence aux premiers chrétiens et la structure du Carême s’est progressivement mise en place. On peut dire qu’une parole du Christ est à l’origine de cette démarche des jours viendront où l’époux leur sera enlevé[12].

A cette louable motivation, une autre est venue se greffer : imiter le Seigneur durant son séjour au désert[13]. Mais il ne fut pas le seul, avant lui, d’illustres prédécesseurs partirent aussi au désert : Moïse demeura quarante jours et quarante nuits sur le mont Sinaï en présence de Dieu.

Saint Jérôme donne aussi  une motivation: « celui qui jeûne se nourrit comme Moïse de la familiarité de Dieu et de sa parole. Il éprouve la vérité de cette sentence : « l’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu »[14] [15] c’est surtout le texte des tentations de Jésus au désert qui suscite notre démarche ascétique. L’objectif est de déjouer les pièges et les sollicitations qui surgissent si facilement pour dévier l’homme de sa trajectoire vers Dieu.

C’est une orientation de la démarche du chrétien entrant en carême en reformulant ainsi les paroles de Jésus rappelées lors de la célébration du mercredi des Cendres[16] : il y a trois actes, mes frères, trois actes en lesquels la foi se tient, la piété consiste, la vertu se maintient : la prière, le jeûne, la miséricorde. La prière frappe à la porte, le jeûne obtient, la miséricorde reçoit. Prière, miséricorde, jeûne, les trois ne font qu’un et se donnent mutuellement la vie. En effet, le jeûne est l’âme de la prière, la miséricorde est la vie du jeûne. Que personne ne les divise : les trois ne peuvent se séparer.[17]

La pénitence du temps de carême ne doit pas être intérieure et individuelle, mais aussi extérieure et sociale. Ce temps du carême est un temps de retraite pour un entraînement au combat, et un temps de formation catéchétique

Dans les temps où le carême était considéré comme un temps de catéchuménat et de catéchèse mystagogique pour les futurs baptisés, ils devaient s’inscrire donnez vos noms pour que je les inscrire avec de l’encre. Le Seigneur lui, les gravera sur les tables incorruptibles, en les traçant de son propre doigt[18]

La cérémonie de l’imposition des cendres trouve son origine dès la naissance du christianisme et faire référence au rituel des pénitents. Les pénitents publics commençaient à ce moment là leurs exercices de réparation.


Aux commencements du christianisme

Ce rite des cendres n'était pas directement associé au début du Carême. Vers l'an 300, il fut adopté par certaines Églises locales et intégré au rite d'excommunication temporaire ou de renvoi des pécheurs publics de la communauté. Ces personnes s'étaient rendues coupables de péchés ou de scandales "majeurs" : apostasie, hérésie, meurtre et adultère (considérés comme des péchés "capitaux").

Au VIIe siècle environ

Cette coutume donna lieu, dans certaines églises, à un rite public du mercredi des Cendres. Les pécheurs confessaient d'abord leurs péchés en privé. Puis ils étaient présentés à l'évêque et mis publiquement au rang des pénitents, ils devaient se préparer pour recevoir l'absolution donnée le Jeudi saint. Après une imposition des mains et des cendres, ils étaient renvoyés de la communauté comme Adam et Eve l'avaient été du paradis. Bien sûr, on leur rappelait que la mort est la conséquence du péché : "Oui, tu es poussière et à cette poussière tu retourneras"[19].

Les pénitents vivaient en marge de leur famille et du reste de la communauté chrétienne pendant les quarante jours du Carême (d'où l'expression de "quarantaine"). Le "sac" qu'ils avaient revêtu et la cendre dont ils étaient couverts permettaient de les reconnaître lors des assemblées ou, le plus souvent, aux portes de l'église où ils étaient relégués. Cette pratique pénitentielle impliquait généralement de s'abstenir de viande, d'alcool, de bain. Il était également interdit de se faire couper les cheveux, de se raser, d'avoir des relations sexuelles et de gérer ses affaires. Selon les diocèses, il arrivait que certaines pénitences durent plusieurs années, voire toute la vie.

Au cours du Moyen Âge

C'est la dimension personnelle du péché, plutôt que son caractère public, qui fut objet d'insistance. Par conséquent, tes traditions associées au mercredi des Cendres furent appliquées à tous les adultes de la paroisse, mais sous une forme mitigée. Au XIe siècle, les pratiques en usage étaient fort semblables à celles que nous connaissons aujourd'hui- Depuis quelques années, il existe une alternative à la formule traditionnelle pour l'imposition des cendres. Elle met en valeur un aspect beaucoup plus positif du Carême : "Convertissez-vous et croyez à l'Evangile[20]"


Trois sortes de traditions ont donné au Carême son caractère spécifique

  1. 1. celles qui favorisent un climat d'austérité,
  2. 2. les pratiques pénitentielles. Surtout en matière de jeûne et d'abstinence
  3. 3. les dévotions centrées sur la souffrance de Jésus.

Au cours de ces vingt dernières années, ces traditions ont été associées à des pratiques nouvelles, mettant l'accent sur une dimension plus positive du Carême.


De la liturgie de la messe du mercredi des Cendres, je retiendrais deux textes

Le psaume 50 exprime la démarche pénitentielle qui va marquer tout le carême.

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché.

Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense.

Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi.

Contre toi, et toi seul, j'ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait. Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice, être juge et montrer ta victoire.

Moi, je suis né dans la faute, j'étais pécheur dès le sein de ma mère.

Mais tu veux au fond de moi la vérité ; dans le secret, tu m'apprends la sagesse.

Purifie-moi avec l'hysope, et je serai pur ; lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.

Fais que j'entende les chants et la fête : ils danseront, les os que tu broyais.

Détourne ta face de mes fautes, enlève tous mes péchés.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.

Ne me chasse pas loin de ta face, ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d'être sauvé ; que l'esprit généreux me soutienne.

Aux pécheurs, j'enseignerai tes chemins ; vers toi, reviendront les égarés.

Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur, et ma langue acclamera ta justice.

Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange.

Si j'offre un sacrifice, tu n'en veux pas, tu n'acceptes pas d'holocauste.

Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.

Accorde à Sion le bonheur, relève les murs de Jérusalem.

Alors tu accepteras de justes sacrifices, oblations et holocaustes ; alors on offrira des taureaux sur ton autel.

Tout d’abord, il révèle l’attitude de Dieu : « ton amour », « ta grande miséricorde »… puis l’attitude de l’homme : « je connais mon péché », « ma faute », « mon offense ». On peut noter ensuite les demandes exprimées par la prière du pécheur : « efface mon péché », « lave-moi », « purifie-moi », « crée en moi », « renouvelle et raffermis », « ne me chasse pas », « ne reprends pas », « rends-moi », « ouvre mes lèvres ». Enfin, le pardon et la miséricorde de Dieu ouvrent un avenir : « ma bouche publiera ta louange ». Il s’agit bien de « vivre de la vie nouvelle à l’image de ton Fils ressuscité » (extrait d’une prière avant le rite de l’imposition des Cendres)

Le psaume met face à face l’être humain et Dieu, chacun dans sa vérité profonde. Chez l’homme, il y a le péché, la faute et l’offense. Chez Dieu, la pitié, l’amour et la miséricorde. Le psalmiste se range parmi les pécheurs. Il ne cherche pas à se justifier. Il regarde sa faute en face, l’assume et la confesse. Il est plongé dans le péché et a besoin d’être lavé tout entier. Par sa désobéissance à Dieu, il a rompu la relation fondamentale entre Dieu et lui. Il est comme l’univers à son début, un “ tohu-bohu ”, que Dieu a maîtrisé et ordonné par son acte de création. Le croyant demande à Dieu de lui donner un souffle vital, comme à Adam. Ce souffle saint et généreux lui redonnera une force venue de Dieu. Il pourra alors crier sa joie en louant le Seigneur.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,1-6.16-18

Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :
« Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d'agir devant les hommes pour vous faire remarquer. Autrement, il n'y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.

Ainsi, quand tu fais l'aumône, ne fais pas sonner de la trompette devant toi, comme ceux qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
Et quand vous priez, ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle : quand ils font leurs prières, ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et les carrefours pour bien se montrer aux hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme ceux qui se donnent en spectacle : ils se composent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu'ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.


Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra. »

 

 

 

 

Comment comprendre cet évangile ?

Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir, dit Jésus dans son discours des Béatitudes[21]. Jésus applique son propos aux trois principales œuvres de piété juive : l’aumône, la prière et le jeûne.

Dans une société, dans laquelle il n’y a ni pension ni sécurité sociale ni assurances, la situation d’une veuve ayant des enfants à charge est tragique. La secourir est une ardente obligation.

La prière n’a rien de facultatif non plus. Véritable respiration du croyant, Jésus la pratique et apprend à ses disciples à faire de même. Il passe des nuits à dialoguer avec Dieu, son Père.

Quant au jeûne, Jésus a commencé son ministère en le pratiquant pendant quarante jours, mais seul, dans le désert, sans ostentation. Seuls les animaux sauvages et le diable en ont été les témoins.

La prière renforce les liens du croyant avec Dieu. L’aumône renforce les liens avec les autres. Le jeûne renforce les liens de l’esprit et du corps. Ces trois œuvres de piété interfèrent l’une sur l’autre. Le jeûne permet d’expérimenter ce qu’est la faim et pousse au partage avec les plus démunis. La prière dispose le croyant à écouter la volonté de Dieu et à vivre une vie plus fraternelle.

Jésus pointe du doigt la logique profonde de ces pratiques : Ne vous donnez pas en spectacle, dit Jésus. Pratiquez ces œuvres parce que vous êtes les fils et les filles du même Père céleste. Répondez à son amour en aimant vos frères.


Avez-vous des idées d’efforts de Carême ?

Quels efforts peut-on faire au XXIe siècle ? N’essayons pas de les multiplier mais soignons en quelques uns en veillant à nous mettre en présence de Dieu par la foi, l’espérance et la charité.

Quelques résolutions d’effort de carême, que je peux aussi noter sur un papier et glisser dans mon coin prière, sous une icône, devant une croix ou l’inscrire au dos d’un signet que je glisse dans ma bible, mon magnificat, mon prions en église. Mais je prends le temps de l’écrire je m’en souviendrais à Pâques.

Ce n’est pas la quantité de résolutions qui compte, mais l’application à suivre celle que j’ai décidée :

 

 

Prière

Jeune avec un objectif de maîtrise de moi-même.

Partage

Enfin, la résolution, et la plus belle, c’est celle que Dieu suscite au fond de votre cœur.

 



[1] Ps 103,29

[2] 2 R 2,11

[3] Ex 3,2

[4] Gn 18,27

[5] Jo 3,7

[6] Dn 12 ,2

[7] Ap 18,19

[8] Ps 118,25

[9] Gn 3,19

[10] François Cassingena-Tréyedy Etincelles II Ad Solem, 2003-2005, p. 165-166

[11] Rituel de la dédicace d’une église

[12] Mt 9,15/Lc 5,35

[13] Mt 4, 1-11

[14] Mt 4,4

[15] Saint Jérôme, Lettre 130,986, Migne, PL, 22, p.1115.

[16] Mt 6,1-8 ; 16-18

[17] Homélie sur la prière, le jeûne et l’aumône. Office des vigiles carême Mardi III

[18] Théodore de Mopsueste, Homélie catéchétique, 60, 12,16 in le catéchuménat des premiers chrétiens, 1994, p.12.

[19] Gn 3,19

[20] Mc 1,15

[21] Mt 5,17

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