Depuis quelques temps déjà, nous avons vu fleurir en communauté l’un ou l’autre panneau ou conteneur pour nous inciter au tri sélectif, voir à alimenter sans vergogne nos bacs à compost. Si l’on comprend bien ici les raisons écologiques de ces gestes, faut-il pour autant séparer ce qui est bon de ce qui est mauvais, comme on pourrait l’entendre au premier abord dans cet évangile, notamment avec la parabole de l’ivraie et son explication avec entre elles deux autres petites histoires le grain de moutarde et le levain. Mais quel rapport entre ces trois images ?

 

Avec l’ivraie, nous trouvons deux hommes l’un bon qui a semé le blé et son ennemi qui a semé l’ivraie. Notez que les gestes sont semblables, mais une petite différence peut nous attirer, l’ennemi s’en va quand il a commis son forfait quand le maître lui demeure. Il est aussi un troisième acteur invisible par nature mais qui fait son œuvre : je veux parler du temps. De fait cette parabole est marquée par le temps : un temps pour semer, un temps où les gens dorment, un temps ou l’ennemi intervient. Il y a un temps où l’ivraie apparaît et enfin le temps de la moisson. Si comme le dit Qohélet, il y a un temps pour planter et un temps pour arracher, ici, il y a un temps pour travailler, semer, moissonner, un temps pour ne pas travailler, un temps de sommeil et un temps durant lequel, on laisse pousser. Temps nécessaire pour laisser venir une moisson correcte. Et c’est peut être ce temps du « laisser faire » qui nous pose problème. Car c’est ce même temps qui nous conduira jusqu’à la fin du monde, moment tant attendu où les « moissonneurs » évangéliques envoyés par « le Fils de l’homme » comme les serviteurs par le maître feront la discrimination opportune, séparant alors les « Fils du Royaume » et les « Fils du mauvais », pour contraindre les uns aux « pleurs et aux grincements de dents » et amener les autres à « resplendir comme le soleil ».

 

 

Il est surement légitime d’entendre l’Evangile venir rappeler à chacun quelle est la part de ses responsabilités et de ses actions qui doivent permettre l’établissement du Royaume, mais est-ce bien là la pointe, l’essentiel ? Ou bien l’essentiel n’est-il pas dans l’imbrication si mystétieuse de notre action et de celle de Dieu. Et pourquoi faut-il donc qu’il y ait ce temps avant l’intervention discriminatoire de Dieu. Question qui est sur toutes nos lèvres, comme sur celles du peuple de Dieu, déstabilisé, voir scandalisé par le triomphe des impies. Les « jusques à quand Seigneur » proche d’un désespoir sont dans nos bouches et nos cœurs, comme pour le psalmiste, comme pour Job. A cette question angoissante, l’Ecriture apporte ici un élément de réponse, comme l’indique le maître, une tentative prématurée de discernement peut être trop précoce serait fausse. Ainsi comme pour nous-mêmes pourrions-nous, .... pouvons-nous montrer réellement et dès maintenant qui nous sommes, fils du Royaume ou Fils du Mauvais. La confusion entre le blé et l’ivraie provient de leur similitude jusqu’au moment où arrive le fruit. On arracherait alors trop vite à leur vraie nature ce que sont ces tiges bon grain ou ivraie.

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