Au réfectoire de la communauté, vous savez que nous ne parlons pas, nous avons la lecture à table, une lecture sérieuse d’histoire, de spiritualié, mais chaque été, pour nous détendre un peu, nous écoutons un roman. Ces jours-ci, nous lisons Pêcheurs d’Islande, de Pierre Loti. C’est une belle histoire, évidemment triste comme toutes les belles histoires, brumeuse comme les contrées boréales que raconte le livre, sans parler de cette sorte de nostalgie que les pêcheurs Bretons ont nativement dans les yeux.

Je dis cela, parce que l’évangile, ça n’est pas pareil. Ce n’est pas un roman lu depuis l’enfance, que nous savons par cœur, qui se termine mal – le héros meurt – puis rebondissement, bien – il ressuscite, et tout le monde est content. On ferme le livre. Non, et non ! Saint Matthieu n’est pas un romancier, pas un nouvelliste, pas un journaliste. Alors, frères et sœurs, on a toujours le choix : ou bien on lit l’évangile comme une série un peu aléatoire d’événements intéressants – un jour la multiplication des pains – bravo !, un autre jour Jésus qui marche sur la mer, re-bravo. Mais on ne fait aucun rapprochement véritable entre ces événements, sinon que ce Jésus est un personnage chaque dimanche assez extravagant et formidable, et également au fond incompréhensible. Du reste, ça ne nous dérange pas vraiment, parce que ce sont des histoires anciennes, qui ne concernent notre propre vie, notre propre quotidien à chacun d’entre nous, que d’assez loin. Ou alors, deuxième possibilité, on scrute le texte, on le médite en profondeur, et on finit par en découvrir non seulement sa vérité époustouflante, mais aussi son rapport étroit avec notre propre vie.

 

Le récit de saint Matthieu qu’on vient d’entendre n’est donc pas un reportage à sensation, c’est une lecture pascale de l’existence de Jésus. Matthieu est un catéchiste absolument génial, il veut raconter à la jeune communauté chrétienne pour laquelle il écrit son évangile comment Jésus est fils de Dieu, Dieu lui-même, vainqueur de la mort et libérateur de notre péché.

 

Dans le passage qui précède celui que nous venons de lire, Jésus a multiplié les pains. Pas pour faire SOS-Boulangerie un dimanche de fermeture des magasins, mais parce qu’il est fils de Dieu, Dieu lui-même, le Dieu qui a nourri nos pères de la manne dans le désert. Jésus fait pareil, il nourrit son peuple, et il va le faire encore tout à l’heure, à cet autel. Maintenant, aujourd’hui, il marche sur la mer, pas parce qu’il est un héros de BD à super-pouvoirs, il marche sur la mer parce que c’est la route sur laquelle il est vraiment une personne divine. Psaume 77 : Ton chemin passe au milieu de la mer, Job chapitre 9 : Lui seul, il marche sur les crêtes de la mer. Magnifique ! C’est le Dieu de la sortie d’Egypte, qui libère son peuple de toute servitude, de tout esclavage, en ouvrant la mer, en fendant la mer. Et la mer déchaînée, la mer avec vent contraire » comme écrit saint Matthieu, c’est le monde infernal, c’est l’empire du mal qui s’agite. Mais lui est souverain.

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