Connaissez-vous ma grand-mère ? Si non, c’est fort dommage, parce que, quand je lis l’Évangile de la rencontre de Jésus avec la Cananéenne, cette femme a les doux traits de ma grand-mère. Pourquoi, me direz-vous ? Je me rappelle qu’elle me racontait, petit, comment mon grand-père et elles étaient en pèlerinage à Pontmain pour demander une grâce particulière pour mon grand-père. Alors que le Saint-Sacrement passait auprès d’elle, elle avait alors prié avec ces mots : « Seigneur, donne-nous seulement des miettes ». Et elle avait été exaucée. Donc, pour moi, cette femme de l’Évangile, elle a les traits bons de ma grand-mère. Et ce qui permet d’identifier cette femme à ma grand-mère, c’est sans doute leur humilité face au Seigneur. Mais laissons donc ma grand-mère de côté car, si elle était là, elle serait gênée ! Et regardons de plus près cette femme étrangère. Aujourd’hui, et si cette Cananéenne nous apprenait à prier le Notre Père ? Et si cette femme nous renouvelait dans notre manière de vivre humblement l’eucharistie ?

Cette femme qui vient auprès de Jésus est tout d’abord un modèle de prière… ratée ! Elle vient vers Jésus pour obtenir une grâce précise et très importante à ses yeux – la guérison de sa fille – mais Jésus « ne lui répondit pas un mot » ! Ce n’est que dans un deuxième temps que le dialogue avec Jésus se met en place. En effet, au début, la prière de la femme n’en est pas une. Si la prière est l’expression toute naturelle et spontanée de notre foi, elle doit être d’abord une rencontre. En effet, dans son premier élan, la femme ne vient pas rencontrer Jésus ; elle jette ses problèmes à la face d’un thaumaturge réputé. Si notre prière commence par parler à Dieu avant de L’écouter, c’est parce que, souvent, ce que nous attendons de Lui est plus important pour nous que Dieu lui-même. Cette femme vient d’abord demander une guérison, avant de chercher une rencontre avec Jésus. N’est-ce pas, parfois, notre première attitude dans nos prières de demandes. Nous sommes souvent déçus car elles ne sont pas exaucées comme nous le voulons. Saint Augustin nous écrit, de manière claire et sans appel : « Tu invoques Dieu. Pourquoi l’invoques-tu ? Pour qu’il me donne la richesse. Alors c’est la richesse que tu invoques pour qu’elle vienne à toi, ce n’est pas Dieu que tu invoques. […] Alors tu invoques Dieu, tu fais de Dieu ton employé. Dieu lui-même ne t’intéresse pas »[1]. Si Jésus ne répond pas à la Cananéenne, c’est pour purifier sa demande. Car, pour prier, et pour bien prier, il faut commencer par se taire et nous mettre à l’écoute du Seigneur. En ce sens, le Notre Père nous offre l’exemple de la vraie prière. Il commence par l’adoration désintéressée : « Que ton Nom soit sanctifié, que ton règne vienne… ». Ensuite, et seulement ensuite, survient la prière de demande. Finalement, l’adoration doit toujours précéder l’invocation. Le silence de Jésus fait plier le genou de la Cananéenne : « Elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours » ». Et le Seigneur lui répond maintenant. Il faudra retenir que, si le Seigneur met du temps à nous exaucer, c’est pour faire la lumière sur nos vraies motivations, sur ce qui fonde notre relation avec Lui. Finalement, l’adoration et la louange sont l’âme de toute prière. Dans notre prière, commençons par nous prosterner devant Lui, avant de Lui dire : Donne-nous le pain de chaque jour.

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