Nous avons cru à l’amour de Dieu !

Frère bien-aimé, tu aimes les comptes justes, les chiffres précis et détaillés. As-tu compté le nombre de fois où le nom « amour » et le verbe « aimer » sont employés par saint Jean dans l’extrait de sa première lettre que nous avons entendu en deuxième lecture ? Pas moins de 18 fois ! Il y a donc fort à parier que l’amour, la charité, la dilectio soit au cœur non seulement de cette fête de saint Augustin, mais aussi de l’engagement de ta profession solennelle.

Vous tous qui êtes rassemblés ce matin dans cette abbatiale, qu’êtes-vous venus faire ou voir ? Nous ne sommes pas là pour assister à un acte héroïque, dans lequel un homme s’engage à obéir à de pesants fardeaux, à de lourdes exigences, qui le rendront digne d’accéder un jour à la vie éternelle, qui le rendront digne d’être aimable, d’avoir une valeur aux yeux de Dieu et des hommes. Un engagement d’une telle nature forcerait l’admiration tout en nous maintenant respectueusement à distance. Un tel engagement ne serait pas chrétien.

Vous êtes ici pour entourer, et nous frères, pour accueillir au sein de notre communauté, un homme qui croit qu’il est soutenu par un grand Amour, un Amour qui se donne, et lui inspire de se donner à son tour. « Et nous, nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. » Nous avons cru à l’amour de Dieu. C’est ainsi que le chrétien peut exprimer le choix fondamental de sa vie. Car cet amour n’est pas destiné à un club de privilégiés, mais il est offert à tous. C’est pourquoi la consécration religieuse n’est pas un nouveau sacrement mais s’enracine dans le sacrement de tous les chrétiens qui est le sacrement du baptême, là où nous recevons cet amour de Dieu qui fait de nous ses enfants. Nous avons cru à l’amour de Dieu. Comme le disait le pape Benoît XVI « à l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive. » (Deus Caritas est, § 1)

Nous avons cru à l’amour de Dieu. Mais comment y croire vraiment, c’est-à-dire y répondre ? La foi nécessite une réponse d’amour et donc une réponse libre. Aucun conditionnement, aucune pression, aucune mainmise dominatrice, calculatrice, ne peut produire l’amour. Mais en même temps, un climat peut favoriser ou au contraire rendre plus difficile notre foi en l’amour de Dieu.

portrait

Inscription à la newsletter

Rechercher

Nos coordonnées

Abbaye Saint-Martin de Mondaye
14250 Juaye-Mondaye
Tél. 33 (0)2.31.92.58.11
Fax 33 (0)2.31.92.08.05
Nous écrire par email
logoabbayesnormandes logonormandiequalitetourisme