Les saints n’ont pas tous bien commencé, mais ils ont tous bien fini ! Et c’est pourquoi ils sont dans la joie. Je les imagine regardant leur propre vie. Ils voient avec bonheur, avec tendresse, comment Dieu les a changé, le tournant qu’a pris leur existence. Sainte Thérèse de Lisieux voit ce sourire de la Vierge qui l’a fait quitter les pleurnicheries maladives de sa petite enfance pour connaître la vraie joie, saint Augustin se souvient avec émotion du jardin de Milan, lorsque les ténèbres des hésitations ont disparues de son cœur. Charles de Foucauld se revoit à genoux aux pieds de l’abbé Huvelin, pour demander pardon à Dieu de sa vie de débauché. Conversions rapides ou lentes, soudaines ou fruits d’une longue maturation, peu importe. Mais aujourd’hui, les saints regardent moins leur vie que la nôtre, ils se tournent vers nous, parce qu’ils nous aiment, et ils désirent pour nous cette grâce de la conversion, cette grâce d’une vie pleinement exposée à la lumière du Christ, illuminée par Lui. En nous enseignant les béatitudes, le Christ nous a montré le chemin. Les béatitudes sont la route à prendre pour connaître la joie de la conversion.

Quelle est donc cette sainteté des béatitudes ? Elle est celle des pauvres de cœurs, c’est-à-dire la sainteté de ceux qui savent qu’ils ne sont pas des saints, de ces humbles qui savent que le bien qu’ils font vient de plus grand qu’eux. Elle est celle des doux qui ne résistent pas à Dieu, mais qui puisent à une source de vie et d’amour qui les dépasse et par laquelle ils se laissent conduire, inspirer, instant après instant. C’est aussi la sainteté de ceux qui pleurent, c’est-à-dire de ceux qui compatissent à la peine des autres, sans hypocrisie, mais en vérité. Le malade sur son lit d’hôpital, le handicapé menacé d’exclusion, l’étranger affronté à tant d’obstacle pour être intégré, la personne âgée dont les facultés déclinent peu à peu, l’enfant qui aimerait connaître Jésus, au milieu d’adultes incroyants, et tant d’autres situations de misères physiques ou spirituelles, trouvent dans le cœur des saints une place et un accueil a priori, sans condition. Pourquoi ? Parce que c’est la situation présente de la condition humaine qui les touche. De même que le Royaume de Dieu est là, aujourd’hui, au milieu de nous, de même la condition humaine lorsqu’elle est souffrante et malheureuse, appelle à la compassion maintenant. Quand le Samaritain découvre l’homme blessé, roué de coup par les bandits, il prend immédiatement soin de lui, et ne commence pas par lui dire qu’il a été bien imprudent de se promener tout seul sur une route réputée dangereuse. L’urgence est ailleurs. Si juste que soit peut-être la remarque, elle ne peut venir qu’ensuite.

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