Cette semaine, je devisais avec une dame de l’opportunité d’enfiler des sandales par temps froid. Elle me soutenait que oui ! Cette semaine, j’aurais rencontré saint Jean-Baptiste, nous aurions sans doute discuté de la nécessité de se les retirer les uns aux autres. Il m’aurait soutenu que non, car, aurait-il ajouté, « je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales » !

Quand Jean-Baptiste dit, à propos du Sauveur dont il annonce la venue : « je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale », une première lecture de cette phrase nous montre combien il est humble : Jean-Baptiste se sent si petit face au Messie qu’il n’est même pas digne de s’abaisser pour lui toucher les pieds ! Cette interprétation est juste et suffisante. Seulement, je souhaite aller plus loin, car une phrase de l’Évangile nous pousse à chercher ailleurs le sens de cette sandale à ne pas délier. Cette phrase est « or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens ». Ainsi, la réponse de Jean sera rapportée aux spécialistes de la Loi que sont les pharisiens, et sans doute que la mention de la sandale à délier renverra ces Pharisiens à la Loi juive qu’ils connaissent si bien. Ils comprendront parfaitement l’image de la sandale employée par Jean : quand Jean déclare qu’il n’est pas digne de délier la courroie de la sandale de Celui qui vient, il annonce en fait que le Messie qui arrive est l’Époux véritable qui nous unit à Lui pour toujours. Et pour nous, aujourd’hui cette bonne nouvelle nous remplit de joie car nous sommes invités au festin de ses noces.

Dans un premier temps, prenons conscience que l’histoire de la sandale nous renvoie à une loi juive appelée « loi du lévirat » en Deutéronome 25. Celle-là stipulait qu’une femme dont le mari était mort sans descendance pouvait aller avec le frère de son défunt époux pour que ce dernier fasse auprès d’elle les devoirs d’un époux et ainsi accorder une descendance au défunt. Il ne faut pas regarder cette loi avec effarement. Ayons à l’esprit que la longue tradition juive s’appuie sur la double promesse du Seigneur faite à Abraham : la promesse d’une terre et la promesse d’une descendance aussi nombreuse que les étoiles dans le ciel. D’où l’importance viscéralement accordée à la descendance : il faut avoir une descendance, signe de la bénédiction du Seigneur. Ne pas avoir de descendance était compris comme une malédiction. Pour que la promesse faite à Abraham continue de s’accomplir, pour que Dieu continue de bénir son peuple, il fallait qu’une descendance soit donnée. C’est cette conviction inscrite au cœur de la foi d’Israël qui a d’ailleurs poussé Sarah, la vieille épouse d’Abraham, à lui donner sa servante Agar pour qu’Abraham ait une descendance. C’est cette conviction qui conduit la loi du lévirat dont je viens de parler.

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