« Le grand mystère de Dieu fait homme demeure toujours un mystère », dit saint Maxime le Confesseur. Et il poursuit : « La foi seule embrasse ces mystères, car elle est la manière de posséder déjà ces réalités qui sont au-delà de l’intelligence et de la parole. »

Oui, le grand mystère de Dieu fait homme demeure toujours un mystère. Comment le Verbe en personne, Dieu, devient-il pleinement homme, sans que ni la divinité ni l’humanité ne soient remises en cause par cette union ? Comment une telle union se réalise-t-elle dans l’unique personne du Verbe ? C’est un mystère qui dépasse l’intelligence et la parole humaine.

Devant un tel mystère, qui est au cœur de notre foi, les mages venus d’Orient, tombent au pied de l’enfant et se prosternent. Ces hommes qui cherchent sûrement la Vérité, mais qui ne sont pas juifs, qui n’ont pas la foi d’Israël, ces hommes guidés par une étoile, tombent au pied de l’enfant, le Verbe fait chair, et se prosternent. C’est-à-dire qu’ils choisissent une attitude fondamentale, celle de l’adoration. Frères, nous devons ce matin nous laisser instruire par le comportement des mages, par le mouvement spirituel profond qui les pousse à adorer. Nous autres sommes peut-être trop habitués à un flot de paroles sur Noël, sur l’Incarnation, notre intelligence prétend sans doute trop expliquer selon notre propre mesure et cela fait du bien d’accueillir le regard neuf de ces mages, de ces hommes, venus du paganisme, et qui, devant un tel événement, en reconnaissent le mystère qui les dépasse et les conduit à l’adoration.

En un mot, frères, quelle place tient l’adoration dans votre vie chrétienne ? Adorer Dieu, c’est le premier commandement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir » et « tu n’auras pas d’autres dieux devant moi ». Le premier commandement a en effet deux aspects : d’une part rendre gloire à Dieu, se tourner vers Dieu qui est l’Unique, lui remettre toute notre vie et tout notre être, lui rendre gloire. Et d’autre part, se détourner de toutes les idoles, de tous les faux dieux que l’on est tenté de vénérer. Or certainement, celui qu’on est tenté de mettre au centre, à la place de Dieu, c’est soi-même. Je crois que le plus grand péché, c’est le péché contre le premier commandement, et ce péché, c’est celui de l’auto-référencement, de se mettre soi-même au centre de tout, de se prendre pour la mesure de tout, y compris même dans notre rapport à Dieu. C’est pourquoi il y a une forme de recherche de la perfection, et une manière de faire son examen de conscience, qui peut être tout à fait auto-référencée. On cherche une perfection morale dont on est soi-même la mesure, c’est-à-dire qu’on accomplit la loi pour la loi et non pour la relation à Dieu qui la donne, on veut que Dieu vienne cautionner notre comportement ou nous aider à accomplir quelque chose, mais le centre reste nous-même. Or le Christ ne nous appelle pas à une perfection humaine, mais à la sainteté, qui est autre chose : la sainteté est la perfection de la relation à un autre que soi-même, qui est Dieu, une relation filiale, et ce qui en découle, la perfection de la relation aux autres que nous-mêmes, une relation fraternelle, tous ceux dont nous acceptons de devenir proches. Or ce qui conduit à la sainteté, c’est l’adoration.

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