Vexilla Regis prodeunt, fulget Crucis mysterium,

Les étendards du Roi s’avancent, et la lumière de la Croix resplendit de son mystère,

Qua vita mortem pertulit, et morte vitam protulit.

Où la vie a subi la mort, produisant, par la mort, la vie.

Les premiers mots de cette hymne du VIe siècle résument parfaitement le temps qui s’ouvre aujourd’hui, celui de la Passion de notre Seigneur. Temps effrayant mais non sans espoir. Temps de la Croix scandaleuse et temps de la Croix glorieuse.

Croix scandaleuse

« Bien que Fils de Dieu, il a pourtant appris l’obéissance par les souffrances de sa Passion ». D’emblée, nous voilà donc situés devant la croix, c’est-à-dire, disons-le, dans ce que le christianisme a de plus «imbuvable ». Car on a beau la transformer la croix en insigne, la porter en pendentif ou à l'oreille, la croix de Jésus reste un scandale. En mourant comme un innocent, Jésus nous dévoile, sur la croix, jusqu'où l'égoïsme, la violence ou l'injustice peuvent conduire l'homme. Jésus assume jusqu'au bout la profondeur du mal.

Notre époque est marquée, plus que toute autre, par le refus et la peur panique de la souffrance, qu’elle soit physique ou psychique, affective ou morale. Le culte de l’individualisme qui marque la post modernité nous la rend totalement insupportable parce que privée de l’unique réponse valable : la croix du Christ. Un moine américain, Thomas Merton, écrivait avec justesse : « une société dont le seul but est d’éliminer la souffrance et de donner à ses membres les plus grands conforts et les plaisirs les plus recherchés est condamnée à périr. Car tout mal n’est pas nécessairement à éviter, et la souffrance n’est pas le seul mal, ainsi que semble le croire les hommes. »1

Pourtant, il faut que meure notre « ego » si souvent exalté aujourd'hui dans notre société pour que le vrai « soi », celui qui s'épanouit dans le don de soi à l'autre, puisse s'épanouir et porter du fruit. « Perdre sa vie pour l'autre, c'est la garder pour la vie éternelle. »

Attention : le christianisme n’est pas une religion de l’exaltation de la souffrance et de la mort. Bien au contraire, c’est parce que Dieu désire que nous soyons des êtres vivants, que la douleur et la mort ne trouvent aucune justification, aucune explication dans l’Évangile. À ceux qui voudraient y voir la punition d’une faute, comme dans le passage de l’aveugle né ou celui de l’effondrement de la tour de Siloé, Jésus répond que ces gens n’étaient pas plus pécheurs que les autres. Jésus ne vient pas expliquer la souffrance, il vient selon l’heureuse formule de Paul Claudel « la remplir de sa présence. » Il affronte la blessure de toute vie humaine. « Il a appris l’obéissance par les souffrances de sa Passion ».

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