On ne naît pas chrétien, on le devient. Et pourquoi le devient-on, au fond ? Pourquoi cela vaut-il la peine, en 2018, d’être ou de devenir chrétien ? Je deviens chrétien, je vis de ma vie chrétienne, parce que j’ai découvert quelque chose d’extraordinaire ! J’ai découvert que moi, ma personne, ma vie, ridiculement petite à l’échelle du temps, de l’histoire, des milliards d’hommes qui vivent, on déjà vécu et vivront après moi, j’ai une valeur incroyable. Non pas parce que je suis un super narcissique ! Non ! Mais voilà que ma vie est si importante qu’un homme, Jésus, a donné sa vie, et pas de n’importe quelle manière, pour moi. Et pas n’importe quel homme non plus, car il est ressuscité d’entre les morts, qu’il est vivant, et que cet homme est le Fils de Dieu, Dieu fait homme parmi nous.

On devient chrétien parce qu’on a rencontré quelqu’un d’extraordinaire, d’exceptionnel, le Christ, qui, comme dit saint Paul, m’a aimé et s’est livré pour moi. Ce n’est pas seulement d’être exceptionnel qui compte, mais qu’il a vécu et est mort pour moi, pour chacun de nous, personnellement. Ma vie, toute vie, prend alors un sens incroyable, une valeur inestimable : je suis quelqu’un pour qui Dieu a donné sa vie ! Quand on nous annonce une telle nouvelle, il y a de quoi courir à toute allure pour voir ça, pour annoncer ça ! Et celui qui court vite, ce matin, c’est l’apôtre saint Jean. Avec lui, avec une telle bonne nouvelle, on peut rester jeune toute notre vie. Pâques, c’est la naissance de toute vie chrétienne, c’est le temps de la jeunesse, de la jeunesse de l’Eglise, de la jeunesse de Dieu.

On peut s’interroger. Que dit de Dieu l’âge de la vie qu’est la jeunesse ?1 N’est-ce pas le sens du synode qui est préparé actuellement dans l’Eglise sur « les jeunes, la foi et le discernement des vocations » ?

La jeunesse est le temps du merveilleux pouvoir de commencer, d’initier du neuf, avec le goût de l’imprévu, le refus de la routine, à distance des déterminismes de la nature et de la société. La jeunesse déborde de gratuité, elle ne compte pas, fascinée par la merveille de la création et de la vie, par la joie de vivre qui est une force, un enthousiasme. Si elle trouve normal que tout lui soit dû, ce n’est pas par ingratitude, mais parce qu’elle baigne dans le don de la vie. La jeunesse ne dort pas non plus. Mais n’est-ce pas ce que nous vivons aujourd’hui dans le mystère de la Résurrection ? Le ressuscité, le Vivant, ne dort plus. Il s’est réveillé d’entre les morts, à jamais, au cœur de la nuit. Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants ! Et la vie jaillie au matin de Pâques est toute nouvelle, imprévisible, inattendue. La Résurrection est le temps du présent, nous entrons dans un aujourd’hui qui n’aura pas de fin. « Dieu est le Dieu du présent, tel il te trouve, tel il te prend », disait Maître Eckart. Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de paix et de joie ! « Quand le présent est passé, on est plus tranquille », dit Péguy, mais la jeunesse n’a que faire de la tranquillité ! Elle vit dans le présent, car le présent est le temps de la création, le temps de l’action.

La jeunesse de Dieu, c’est justement qu’il se conjugue au présent, dans la présence : Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps !

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