Le Pont de l’Ascension ! A l’Ascension, faites-vous le pont ? Il arrive que des expressions devenues presque profanes pour la plupart des gens, aient cependant un sens chrétien tout à fait essentiel. Car le pont de l’Ascension, n’est pas entre le mercredi, à la sortie du bureau, et le lundi matin suivant ! Il n’est pas, selon la durée des congés, un vieux pont de pierre ou un viaduc tout moderne comme celui qui semble comme planer au-dessus de Millau quand vous prenez l’A 75. Non, le pont de l’Ascension est entre la terre et le ciel, entre l’homme et Dieu. Le pont véritable, c’est quelqu’un, une personne vivante, c’est Jésus Christ notre Seigneur, le Pontife, celui qui, littéralement fait le pont, le lien, la relation, la communion, la communication entre les hommes et Dieu. La fête de l’Ascension est la grande fête de l’ouverture du ciel aux habitants de la terre et même la création d’un ciel nouveau, l’espace où Dieu et les hommes habitent ensemble, un espace qui grandit au fur et à mesure que grandit le Corps du Christ, dont Jésus est la tête et dont nous sommes les membres.

Je voudrais tirer deux conséquences importantes de cette fête pour nous aujourd’hui.

La première, c’est que nous ne sommes pas seuls. Jésus dit à ses disciples : je ne vous laisserai pas orphelin, je reviendrai vers vous, je vous consolerai, je vous fortifierai. Je vous enverrai l’Esprit Saint. Je suis avec vous tous les jours. Dans la finale de l’évangile de Marc que nous avons entendu, nous avons cette affirmation étonnante : le Seigneur Jésus fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Et juste après : le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnait. L’Ascension est la disparition visible du corps de Jésus. Le tombeau vide l’avait déjà laissé pressentir. Jésus retourne visiblement auprès du Père, avec son corps d’homme ressuscité. Visiblement, les Apôtres le voient disparaître, parce qu’invisiblement il demeure pour toujours auprès d’eux ! Il disparaît visiblement car ce n’est pas seulement par son esprit qu’il demeure auprès de Dieu mais bien avec son corps de chair. Mais il est auprès des disciples, invisiblement mais réellement. Le signe le plus fort de sa présence est bien sûr l’eucharistie. Nous recevons, nous adorons le Corps du Christ, nous ne voyons que l’hostie, et pourtant c’est bien le Seigneur qui est là. Nous ne sommes donc pas seuls. Quand on lit les Actes des Apôtres et que l’on regarde de près par exemple saint Pierre ou saint Paul, que constate-t-on ? Ils ne sont pas seuls, ils vivent dans une relation constante avec le Christ, avec l’Esprit Saint. Saint Paul rencontre le Christ ressuscité sur le chemin de Damas, il perçoit l’action de l’Esprit qui le guide, le conduit ici ou là, qui le réconforte, lui annonce qu’il va devoir souffrir et témoigner de Jésus jusqu’à Rome. Nous non plus nous ne sommes pas seuls. Le Seigneur est à nos côtés, avec nous. Il s’agit de le reconnaître, de croire en lui, de nous livrer à sa présence, à son action, en accomplissant ses commandements. Mais ce n’est pas seulement Jésus qui est à nos côtés, mais tous les membres de son Corps, qui sont déjà au ciel avec lui. Je pense ici en particulier à tous les saints, à notre saint patron, à tous les membres de nos familles qui sont déjà au ciel, nous l’espérons, et qui veillent sur nous, qui prient pour nous, et qui nous viennent en aide, très concrètement, si nous leur demandons leur soutien, leur force. Frères bien-aimés, est-ce que vous vivez en compagnie des saints, en présence du Seigneur, avec tous les habitants du ciel, dans votre vie de tous les jours ? Ou bien restez-vous repliés en vous-mêmes, sans croire, sans demander de l’aide, dans l’isolement et le découragement ? Ce n’est pas ce que Dieu veut pour vous ! Bien souvent dans notre vie, nous avons tendance, lorsque nous sommes éprouvés, à nous isoler ou à chercher à résoudre nos problèmes tout seul. Au contraire, si nous ouvrons notre porte au Seigneur, aux saints, aux habitants du ciel, alors notre vie peut changer. C’est un peu comme une fenêtre que l’on accepte d’ouvrir en grand pour que le soleil pénètre dans toute la maison, dans les recoins les plus sombres, les plus humides, les plus noirs, pour y apporter lumière, chaleur et réconfort. L’Ascension, c’est la fête qui nous permet désormais d’ouvrir en grand la porte de notre cœur sur le ciel. Et bien sûr, cette fenêtre nous ouvre aussi les uns aux autres, car nous dit saint Paul, il y a un seul Corps et un seul Esprit, notre vocation est la même à tous : devenir Un dans le Christ, l’unique médiateur entre Dieu et les hommes, le seul Sauveur qui conduit les hommes à Dieu. Nous ne pouvons aller au ciel tout seul. Dans les Actes des Apôtres, on voit que les disciples ne restent pas seuls, ils vivent en communauté, ou ils partent en mission à 2, 3 ou même davantage.

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