Voici donc l’Esprit Saint répandu sur les Apôtres. Il est envoyé, donné, comme un souffle, un feu, une force. Un don large, généreux, qui remplit tout, qui investit chacun des Apôtres. Ce n’est pas un peu d’air, une petite brise, mais un vent violent, des langues de feu sur tous les Apôtres. L’Esprit est le Don de Dieu, de Dieu lui-même se donnant à nous. Et puisque Dieu est à l’origine de tout ce qui existe dans sa diversité, l’Esprit Saint rejoint chaque personne de manière unique, dans la diversité des langues et des peuples, pour les conduire à l’unité dans la foi.

Ces juifs rassemblés à Jérusalem pour la fête, viennent de toutes les contrées connues à l’époque. Certains noms nous sont moins connus aujourd’hui, et cela vaut la peine de les actualiser : Parthes, Mèdes et Elamites sont les Iraniens d’aujourd’hui, les habitants de la Mésopotamie : l’Irak et la Syrie ; la Judée : Israël et la Palestine ; la Cappadoce, la province du Pont, d’Asie, la Phrygie et la Pamphilie désignent l’actuelle Turquie ; les Arabes probablement à la fois la Jordanie, l’Arabie saoudite et les Emirats. Dans leur diversité, ces juifs de la diaspora entendent dans leur langue, de la bouche des Apôtres, le message de la Bonne Nouvelle du Salut, et il est probable que bon nombre d’entre eux sont touchés, se convertissent et sont baptisés. Les Actes parlent de 3000 baptême ce jour-là ! Comment alors ne pas penser à travers eux, même s’il y a bien sûr des Romains ou des Grecs, à tous ceux que l’on désigne aujourd’hui comme les chrétiens d’Orient, de l’Egypte à l’Irak, un Orient plus proche certes que la Chine ou le Japon, mais surtout un Orient qui s’approche de nous. La fête de la Pentecôte est un peu leur fête, car l’Esprit Saint qu’ils ont accueilli en a fait des témoins du Christ dans toutes ces régions du monde où ils sont aujourd’hui si souvent persécutés et chassés. Prions donc pour eux et soyons profondément unis, chrétiens d’Occident et chrétiens d’Orient. Les chrétiens sont pour vocation d’être un ferment de paix dans ces régions qui se déchirent dans des rivalités sans fin, où l’esprit du mal sème la guerre et la destruction.

Mais cette œuvre de paix et d’unité que l’Esprit Saint veut accomplir, à travers les chrétiens, pour le monde, n’est possible que si les chrétiens eux aussi, accueillent en eux-mêmes l’Esprit de paix et d’amour. La division passe au cœur de tout homme, la frontière entre le bien et le mal traverse notre propre cœur à chacun. C’est bien ce que nous dit saint Paul dans la lettre aux Galates. Et il nous le dit d’une manière assez radicale, en fait. Nous sommes parfois tentés de nous placer dans une situation médiane, de moyen terme, de neutralité. L’homme contemporain voudrait souvent se donner l’illusion qu’il est dans une attitude neutre, critique, éclairée, à distance de tout, jugeant de tout, arbitre du bien et du mal. Mais ce n’est pas le cas. On ne peut faire du sur place en vélo sans tomber, on ne peut rester immobile dans l’eau sans couler. Ou bien nous nous laissons conduire par l’Esprit Saint, ou bien nous nous laissons conduire par l’esprit qui séduit ce monde, le Malin, et qui nous pousse à mettre notre confiance ailleurs qu’en Dieu. Il y a les conséquences néfastes de ne pas mettre notre confiance en Dieu et il y a les fruits de l’Esprit. C’est un combat à mener, tout au long de notre vie, car nous sommes faibles. Le mal peut nous dominer facilement. Il importe de reconnaître que nous avons nos fragilités, nos propres inclinations mauvaises(chacun a la sienne : la paresse, la luxure, l’envie, le manque d’enthousiasme, la jalousie, la vanité, entre autres).Ces petits défauts sont à reconnaître non pas d’abord chez les autres, c’est si facile, mais en nous-même, ce qui est parfois moins évident. Ils ont le mérite de nous faire expérimenter que nous avons besoin de l’aide du Seigneur, de sa miséricorde. Cela nous décentre de nous-même et nous pousse à être vigilant. Mais ces faiblesses nous montrent surtout un combat plus fondamental à mener contre le malin, ce mal dont la violence de destruction prend des formes beaucoup plus graves et dramatiques. Regardez par exemple avec quelle acharnement le mal se déchaîne sur certaines villes martyres, comme en Syrie aujourd’hui. L’Esprit Saint est le Défenseur qui nous aide à résister au mal en nous tournant sans cesse vers le Christ victorieux du péché et de la mort. Mais pour cela il faut marcher sous la conduite de l’Esprit, le laisser nous instruire, nous guider, agir en nous.

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