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Voilà, ce dimanche, un Évangile parmi ceux qui laissent perplexes. Notre cœur de chrétien est certainement tiraillé ! Cet Évangile est la Parole de Dieu, enseignement de notre Seigneur et Maître Jésus-Christ. Donc, nous voulons écouter cette Parole, la faire nôtre et la mettre en pratique. Mais, dans le même temps, nous ne pouvons nous empêcher de penser que la radicalité de ces demandes est tout-à-fait inatteignable pour nous. Quand on voit qu’aimer ses frères et ses amis est déjà difficile, comme arriver à aimer ses ennemis ? Et puis, « chrétien » ne rime pas avec « bonne poire », la vie chrétienne est bien autre chose que la naïve bêtise d’un François Pignon si bien interprété à l’écran par un Pierre Richard ou un Jacques Villeret. Alors, comment recevoir cette Parole de Dieu ? Comme la laisser résonner en nous et éteindre la petite voix dans notre tête qui dit insidieusement : « on écoutera l’Évangile quand son propos ira dans mon sens » ? Je propose de trouver dans l’Évangile deux clés de lecture pour nous mettre en route sur le chemin de la conversion, un chemin où Dieu a la première place pour nous permettre d’agir avec miséricorde et justice. Car, aimer même ses ennemis, c’est cela ! 

La première clé de lecture que je propose est cette phrase : « ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux ». Cette phrase nous montre que, d’une part, Dieu est un vrai pédagogue et que, d’autre part, nous avons besoin de Lui car, seuls, nous ne pouvons rien faire. Dieu est un vrai pédagogue ! Tous ceux qui ont déjà participé à l’éducation d’enfants ou de jeunes connaissent cette maxime : « ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu’on te fasse ». Cette Règle d’or est une sagesse universelle. Nous la trouvons dans le taoïsme ou l’hindouisme, chez Confucius, Lao-Tseu ou Bouddha. De grands enseignants juifs comme Hillel, une centaine d’années avant Jésus-Christ, diffusaient cette sagesse. Mais le Christ nous invite à un déplacement. La formulation de la Règle d’or devient positive : il ne s’agit plus de ne pas faire ce qu’on ne voudrait pas qu’on nous fasse, mais de faire ce qu’on voudrait qu’on fasse pour nous. Il ne s’agit plus de s’abstenir d’agir, mais d’agir. Le chrétien n’est pas un attentiste béat : il est un homme d’action ! Il n’attend pas pour agir bien : il se met en route pour aimer Dieu et son prochain comme soi-même. Mais cette mise en route dépasse nos seules forces humaines, et nous ne pourrons agir qu’avec la grâce de Dieu. Voilà ce qu’éclaire le commandement d’amour de ses ennemis. Aimer vraiment, aimer comme Dieu aime, aimer même nos amis, est tout bonnement impossible avec nos seules forces. Alors, aimer nos ennemis… Mais à Dieu, rien n’est impossible ! Le Christ, aujourd’hui, nous enjoint à nous mettre en action pour aimer, mais, dans le même temps, nous fait comprendre que seule une volonté abandonnée à celle de Dieu y arrivera. Cet Évangile n’est pas un idéal inatteignable. Il est un appel à aimer en acte, ou plutôt, il est un appel à laisser à Dieu la première place dans notre volonté et notre intelligence pour que toute notre vie soit conforme à sa volonté

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