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« Il était environ midi »… Les ombres étaient aussi dures que le soleil. Lumière verticale de midi qui tranche tout de sa clarté et qui embrase tout de sa blancheur. Un homme, une femme, un puits, de l’eau. Un Juif face à une femme de Samarie. Scène bien étrange que cette femme seule qui vient puiser de l’eau à une heure inaccoutumée de la journée et à qui un étranger, que ses compagnons viennent de quitter, adresse la parole. Jésus fatigué, assis sur la margelle, dit à la Samaritaine : « donne-moi à boire »

Surprise de cette femme qui vient simplement puiser de l’eau, sans trop se douter qu’une attente plus profonde l’habite, que quelqu’un l’attend. Quoi, un Juif qui ose s’adresser à une Samaritaine ! Surprise bien légitime de la Samaritaine face à Jésus qui prend les devants, sans souci des convenances. Mais la demande de Jésus contient quelque chose qui va faire sortir d’elle-même cette femme. Et pour preuve cette réplique qu’elle lui fait : « Comment ! Toi qui es Juif, tu me demandes à boire ? » La communication ainsi établie, l’échange va pouvoir se développer. Parce qu’elle accepte ce dialogue, la Samaritaine rompt avec les coutumes et surmonte, comme Jésus, les règles qui régissent les rapports humains conventionnels.

A l’évocation de l’eau vive la Samaritaine objecte une difficulté matérielle : « avec quoi prendrais-tu l’eau vive ? ». La prétention de Jésus de lui donner de l’eau paraît en effet contredire les lois les plus élémentaires de la nature : puiser de l’eau sans récipient ! N’est-ce pas un rêve, une utopie que Jésus promet ? Mais dès qu’elle comprend qu’il s’agit d’une eau qui désaltère pour toujours, la donne change et fait basculer l’échange. Celui qui désirait est maintenant celui qui propose, qui offre, et celle qui aurait dû donner devient celle qui doit désirer.

Alors elle s’exclame : « Seigneur, donne-la moi cette eau », et de la sorte exécute à la lettre ce qui avait été prévu quelques instants avant par Jésus : « Si tu savais le don de Dieu, … c’est toi qui aurais demandé… l’Eau vive ». Concrètement, en réclamant cette eau la Samaritaine ne sait pas vraiment ce qu’elle désire. Et comprend-elle ce qu’elle affirme comme désir quand elle répond : « Que je n’aie plus soif et que je ne vienne plus ici pour puiser ». En fait, à cet instant, elle ne désire plus rien, sinon de ne plus rien désirer. Ainsi, est-elle sortie d’elle-même pour se rendre disponible à la vraie plénitude. C’est en sortant de la mesure des choses qu’elle va accepter de Jésus la révélation de son être le plus intime, en même temps que les exigences de la vérité. Elle est sortie d’elle-même parce qu’elle a pris appui uniquement sur Jésus.

Lumière qui tranche tout de sa clarté et qui embrase tout de sa blancheur…

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