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Bénis le Seigneur, ô mon âme ; Seigneur mon Dieu, tu es si grand !

Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur ! La terre s’emplit de tes biens.

Quelques versets du psaume 103 accompagnent la liturgie de la Pentecôte, pour fêter ensemble l’Esprit Saint. Nous sommes invités à bénir Dieu, à le louer. La louange est au cœur de la prière des psaumes et de la prière tout court. La prière est une sortie de soi. Louer, bénir Dieu, c’est le remercier pour un bien qui est accordé aux autres, que j’en bénéficie ou non, c’est avoir fait l’expérience du salut. Nous partageons avec d’autres cette terre, c’est bien d’ailleurs le vrai défi écologique d’aujourd’hui. La louange est l’opposé de l’envie : l’envie consiste à s’attrister d’un bien si d’autres les possèdent, l’envie produit en nous l’esprit de jalousie, qui est l’esprit du mal et non l’Esprit Saint. Menace permanente qui pourrit notre cœur, nos relations fraternelles, nos communautés humaines de toutes sortes. En revanche, celui qui accueille le salut de Dieu exprime ce salut par la louange. Nous sommes invités à bénir Dieu pour la profusion de ses œuvres : profusion, multiplicité, diversité qui traduit la gratuité de l’acte créateur de Dieu, tout le contraire du clonage, de la répétition du même. L’Esprit Saint est l’Esprit créateur, qui dès l’origine du monde, planait sur les eaux. Et devant la richesse infini de ses dons, nous nous exclamons : Seigneur mon Dieu, tu es si grand !

Et le psaume continue :

Tu reprends leur souffle, ils expirent et retournent à leur poussière.

Tu envoies ton souffle : ils sont créés ; tu renouvelles la face de la terre.

L’être humain, qui loue et bénit Dieu, fait cependant l’expérience de sa fragilité. L’homme n’est qu’un souffle, dit le psaume 38, et le psaume 144 renchérit : ses jours sont comme l’ombre qui passe. Dès qu’un souffle passe, il n’est plus et la place où il était l’ignore, précise encore le psaume 102. Ainsi le psalmiste nous appelle pour bénir et louer, mais en même temps, nous connaissons la précarité de notre existence terrestre. C’est là qu’intervient l’Esprit Saint : tu envoies ton souffle, ils sont créés, tu renouvelles la face de la terre. Enfermé dans la mort, l’homme aspire à la vie véritable qui est nouveauté, renouvellement inépuisable, profusion qui ne tarit jamais. Là est bien la mission et l’œuvre de l’Esprit Saint : faire toute chose nouvelle, renouveler la face de la terre. Nous avons bien besoin de ce renouveau profond, dans nos cœurs, mais aussi dans nos communautés, dans notre Eglise, dans notre monde. L’Esprit inspire le véritable chant nouveau de l’Eglise : dans ma bouche, il a mis un chant nouveau, une louange à notre Dieu, dit le psaume 40, et encore le psaume 144 affirme : Sauve-moi du gouffre des eaux… pour toi je chanterai un chant nouveau. La nouveauté n’est pas la simple reprise de la louange du début du psaume. Après avoir béni Dieu qui est si grand, le psalmiste a fait l’expérience du souffle repris, et de la poussière. Le renouveau est une création nouvelle, un renouvellement après l’expérience de la mort, de la perte, de la disparition. Nous rêvons peut-être de renouveau, dans l’Eglise, dans notre communauté, dans notre vie personnelle. Mais ce renouveau n’est possible que là où nous acceptons de quitter, de mourir, de laisser, de passer. Ce n’est pas un hasard si le don de l’Esprit Saint à l’Eglise jaillit de la mort et de la résurrection du Christ. En allant au plus loin de l’abaissement et de la mort, le Christ a ouvert le passage véritable. Il a accepté de tout quitter, de tout perdre, il n’a pas retenu par envie sa gloire de Fils de Dieu, mais il s’est anéanti lui-même jusqu’à la mort de la Croix. Alors seulement jaillit la nouveauté inépuisable, la vie qui n’aura pas de fin, celle que nous apporte aujourd’hui l’Esprit Saint : tu envoies ton souffle : ils sont créés, c’est la nouvelle naissance du baptême, tu renouvelles la face de la terre. Eternité et nouveauté sont synonymes.

Le psaume peut conclure :

Gloire au Seigneur à tout jamais ! Que Dieu se réjouisse en ses œuvres !

Que mon poème lui soit agréable : moi, je me réjouis dans le Seigneur.

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