« Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme » (Mt. 24, 37)

Curieuses paroles de Jésus : le Fils de l’homme est déjà là ! Ainsi le Fils de l’homme est déjà venu… le Fils de l’homme vient… le Fils de l’homme viendra… Il est venu, il vient et il va venir. 

Et voilà qu’il s’intéresse à moi, il me prend en compte, et mon passé, et mon présent et mon avenir… Tout mon être en tout mon parcours car pour Lui ETRE est le don d’amour du Père, pour lui mon « être », ma vie a du prix… ETRE c’est un don de Dieu, un don qui est sacré… C’est ce que nous apprenons par delà les difficultés de la vie, les souffrances, les déceptions, les contrariétés. ETRE est ma valeur, un cadeau énorme du Créateur, ce cadeau, même la mort ne pourra pas me l‘enlever.

C’est pourquoi, ma vie, je ne dois pas la banaliser, je ne dois pas me laisser entraîner par les choses, par les habitudes tout comme ces gens qui avant le déluge « mangeaient, buvaient, prenaient femme et mari » entraînés dans les choses du quotidien, absorbés par les habitudes de tous les jours… Devenir banalisé alors que chacun d’entre nous est exceptionnel, car ETRE est le don exceptionnel de Dieu par excellence, oui un don exceptionnel de notre Créateur et Père.


Le Christ nous laisse entendre quelque chose de la valeur sacrée de notre ETRE quand il évoque la nature : « Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’amassent point dans des greniers ; et votre Père céleste les nourrit ! Ne valez-vous pas plus qu’eux ? « (Mt. 6, 25-26).

Oui, ne valez-vous pas plus qu’eux ?... C’est pourquoi ETRE qui est une réalité sacrée, don de notre Créateur et Père, doit être tellement précieux pour chacun de nous et cet Etre sacré nous demande de nous lancer dans un « agir » sacré et le Christ nous ouvre la voie : « Cherchez d’abord le Royaume et la justice de Dieu… « Oui chercher ce qui donne du sens à ce qui est sacré : notre ETRE.

Certains jours à l’Office du matin, l’Office de Laudes, dans un répons il nous arrive de chanter : « Dieu, Tu es mon Dieu, je Te cherche dès l’aube »…. Et chaque fois je me prends à chanter différemment mais sans faire diversion, je chante : « Dieu, tu es mon Dieu, TU me cherches dès l’aube ».

Oui, je me mets à la recherche du Royaume et de la justice de Dieu (selon les paroles mêmes de Jésus)… mais celui qui m’a mis en route, celui qui me guide et m’éclaire, c’est le Seigneur, c’est Lui qui m’a cherché et me cherche.


Si nous vivons cette recherche en découvrant Celui qui nous cherche et nous met en route… alors cette période de l’Avent que nous entamons aujourd’hui, la fête de la Nativité de Jésus, alors tous ces grands moments ont du sens.

Mis qu’est-ce que cela peut vouloir dire : mon être sacré,, ma vie reçue, a du sens ? Qu’est-ce que cela veut dire ?...
Je crois que la première réalité qui, pour moi, donne du sens à mon être, j’oserai dire qui donne du goût à ce que je vis, c’est qu’avant tout je ne suis jamais seul… Jamais… Jésus vient, mais il est déjà venu, , je le rencontre au cœur de moi comme en toute Eucharistie comme en tout sacrement… Il me vit et je le vis dans une relation intime au cœur de mon être qui est alors ma « maison » qui devient lieu d’accueil et de rencontre…

Mais alors, combien nous sommes loin d’une vie usée, d’un être banalisé !.. Réduit aux dimensions si petites des choses de la terre… Et tout cela est vécu sans éclat, dans un beau silence, tout comme la venue du Verbe, du Dieu fait « chair » dans le silence d’une naissance humble, discrète, mais naissance de Celui qui est présence sur notre terre de tout l’Amour créateur de Dieu…

Il est déjà là et il vient… Il est déjà là en notre cœur… avec lui nous nous préparons réaliser une fois de plus l’infini impact du projet de Dieu… que nous devenions ses enfants comme Jésus, avec Jésus, en Jésus…Alors laissons-nous entraîner, laissons nous goûter, laissons-nous devenir…

Et je rejoins Saint Augustin en sa prière :

« Seigneur tu pouvais te passer de moi, je ne suis pas un bien qui aurait pu t’être utile, ô mon Seigneur et mon Dieu. Si j’ai le devoir de Te servir, ce n’est pas que l’action Te fatigue ou que, privé de mes services, ta puissance en soit amoindrie… Non j’ai le devoir de t’honorer, afin d’être heureux en Toi, à qui je dois mon ETRE capable de bonheur » (Conf. XIII, 1).

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