Intention de prière ?

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Quand on célèbre une grande fête liturgique comme celle d’aujourd’hui, nous pouvons nous poser trois sortes de questions. Premièrement, à quelle réalité humaine concrète renvoie cette fête ? Deuxièmement, quels textes de la Parole de Dieu permettent de poser un regard de foi, un regard chrétien, sur cette réalité ? Troisièmement, à quelle pratique, à quelle attitude spirituelle, cette fête nous ouvre-t-elle ? Je vous propose d’approfondir chacun de ces trois points.

La fête de l’Assomption nous place devant une réalité humaine : celle de notre destinée finale et en particulier la question de la mort. L’Assomption est le dogme qui concerne la destinée finale de Marie. La tradition qui nous vient de l’Orient oscille entre la notion de dormition et d’Assomption : la Dormition signifie que le corps de Marie, séparé de son âme, n’a pas connu la corruption du tombeau, mais attend dans l’incorruptibilité la résurrection finale. C’est à cette pensée que s’en tient l’Eglise orthodoxe. L’Assomption, qui dans l’Eglise catholique, est devenu un dogme de foi, depuis sa proclamation par le pape Pie XII en 1950, affirme que non seulement le corps de Marie n’a pas connu la corruption et la dégradation de la mort, mais que Marie dans son âme et son corps réunis, a été élevée auprès du Christ dans la gloire. Comme le dit saint Jean Damascène dans une homélie sur la Dormition (II, 2,) « celle qui fut pour tous la source de la vraie vie, comment tomberait-elle au pouvoir de la mort ? »

Mais qu’est-ce donc que la mort ? Les textes de la Parole de Dieu choisis par l’Eglise aujourd’hui, en particulier l’Evangile, nous aident à y répondre. Il s’agit non pas d’un récit sur les derniers moments de la vie terrestre de Marie, le Nouveau Testament n’en parle pas, mais de l’Evangile de la visitation, la rencontre entre deux femmes et entre leurs enfants respectifs, cachés dans leur sein. Voilà qui peut nous surprendre, mais qui est très instructif. Pour nous chrétiens, la mort est donc une rencontre, on pourrait même dire qu’elle est LA rencontre. Mourir, c’est partir à la rencontre d’un autre. Aux premiers temps de l’Eglise, les païens étaient frappés parce que les chrétiens n’avaient pas peur de la mort. A bien des égards, la mort est le grand tabou du monde contemporain, qui court après une chimère : la mort de la mort. Nous cachons la mort, nous la fuyons, nous feignons de l’ignorer, nous la tenons à l’écart dans des Ehpad et des illusions transhumanistes qui réduisent le but de l’existence humaine à l’autoconservation et à la survie des plus riches. Et si l’épidémie récente a tant terrorisé et continue de terroriser nos contemporains, n’est-ce pas parce que que la mort a refait surface, menaçant tout le monde, même les puissants ? Mais nous autres, chrétiens, quel témoignage, quelle espérance manifestons-nous dans les circonstances présentes ? Disons-nous que, certes, la vie sur cette terre est un trésor très précieux, certes la charité nous pousse à tous les gestes de prudence pour prendre soin de ce corps qui est nôtre ou celui des plus fragiles, mais avons-nous osé dire aussi que la mort, pour nous, n’est plus seulement une tragédie, parce que nous croyons qu’elle ouvre à une rencontre, et que nous sommes faits pour cette rencontre qui seule peut combler le cœur de l’homme. Avons-nous dit que ce monde terrestre, matériel, si beau et si fragile, n’a de sens que s’il nous tourne résolument vers le ciel, vers son accomplissement définitif en Dieu. Comme chrétiens, sommes-nous enlisés dans le matérialisme ambiant, ou faisons-nous entendre une autre voix, celle de l’espérance ? Expliquons-nous pourquoi nous voulons être auprès de ceux qui meurent : non pas seulement pour les maintenir coûte que coûte dans ce monde ci, mais pour les encourager dans le passage vers la rencontre définitive avec le Seigneur ?

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